in

Faut-il réglementer l’usage du gaz hilarant, le protoxyde d’azote ?

Crédits : iStock

Le protoxyde d’azote ou “gaz hilarant” est un composé chimique faisant l’objet d’un usage détourné par les plus jeunes. Or, cette pratique n’est pas sans danger. Les autorités sanitaires appellent donc à une amélioration de la réglementation et à la nécessité de mieux informer sur les risques sanitaires potentiels.

Une recrudescence de l’usage détourné

L’usage détourné du protoxyde d’azote (N2O) est connu depuis plusieurs décennies, notamment dans le milieu festif. Toutefois, une publication de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) du 26 juin 2020 fait état d’une recrudescence de cet usage.

Or, ces consommateurs sont surtout des collégiens, lycéens et autres étudiants. Il est par ailleurs question de consommations répétées et parfois même quotidiennes, ainsi que de grandes quantités. L’usage prend la forme d’une inhalation au moyen d’un ballon après avoir “cracké” la cartouche de “proto”. Les consommateurs recherchent un effet rapide, euphorisant allant de pair avec des distorsions sensorielles.

protoxyde d'azote gaz hilarant 2
Crédits : MILDECA

Un produit dangereux en vente libre

Comme le rappelle la MILDECA, le gaz hilarant est actuellement en vente libre pour son usage alimentaire. En effet, le N2O est notamment présent dans les cartouches pour siphon à chantilly ! Ainsi le produit s’obtient très facilement sans restriction dans divers commerces ainsi que sur le Web.

Et pourtant, les dangers sont bien réels. Cela peut induire une asphyxie par manque d’oxygène, une perte de connaissance ou encore une brûlure par le froid du gaz expulsé. Citons également le risque de désorientation, de vertiges et donc de chutes. Sur le long terme, les conséquences prennent la forme de sévères troubles neurologiques, hématologiques, psychiatriques ou cardiaques. De plus, l’association avec d’autres drogues ainsi que l’alcool représente un facteur aggravant.

Réglementer l’usage alimentaire

Si la publication de la MILDECA vise à une meilleure prévention des dérives de l’usage du gaz hilarant, l’Anses appelle aussi à une amélioration de la réglementation. Dans un communiqué 9 juillet 2020, l’agence informe notamment sur l’existence de dizaines de cas d’intoxication en France.

“Si la réglementation relative aux médicaments ou aux stupéfiants s’applique pour son usage médical, l’usage alimentaire du protoxyde d’azote comme gaz de compression pour les siphons à chantilly est autorisé comme auxiliaire technologique et additif alimentaire. Cette réglementation ne prend pas en compte les dérives d’utilisation de ces produits”, explique l’Anses.

Ainsi, il apparaît alors indispensable de réglementer l’accès et l’étiquetage du protoxyde d’azote pour son usage alimentaire. Il s’agit par ailleurs d’une réflexion devant s’inscrire dans la continuité du projet de loi adopté en décembre 2019 par le Sénat. Ce projet vise à protéger les mineurs des usages dangereux du N20, notamment en leur interdisant d’en acheter.