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Faut-il plutôt vivre en ville ou à la campagne pour une meilleure espérance de vie ?

Crédits : PxHere - Pixabay / mlproject

Nombreuses sont les personnes louant la qualité de vie à la campagne. Il faut dire que celle-ci se caractérise notamment par une meilleure qualité de l’air et un calme apaisant. Néanmoins, une récente étude estime que l’on vit mieux en ville. Comment cela est-il possible ?

Une moins bonne espérance de vie à la campagne

Selon la plateforme Paysans.fr, la vie à la campagne présente plusieurs atouts pour la santé. Le premier de ces atouts n’est autre que l’air sain et pur, suivi par l’absence de bruit habituellement généré par le trafic routier. Citons également l’absence de hauts immeubles, la présence d’une végétation importante et la possibilité de sortir au grand air, qu’il s’agisse de promenades en forêt, à vélo ou à cheval. Côté inconvénients, nous retrouvons par exemple la dépendance à la voiture pour les déplacements, puisque tout est relativement éloigné du domicile.

Toutefois, la campagne serait moins bénéfique que la ville en termes d’espérance de vie. Ceci est la conclusion d’une étude menée par Emmanuel Vigneron – agrégé de géographie et docteur en histoire – pour le compte de l’Association des maires ruraux de France (AMRF) et relayée par France 3 Occitanie le 17 décembre 2020.

L’expert s’est intéressé aux départements hyper ruraux – tels que l’Ariège, le Cantal ou la Lozère – où la densité de population est très faible. Dans ces zones, les hommes vivent 2,2 ans de moins que les citadins (0,9 pour les femmes). En 2019, l’espérance de vie des hommes dans ces départements était de 78,5 ans contre 80,7 en ville. Par ailleurs, l’étude montre que les écarts concernant cette même espérance de vie se creusent depuis une trentaine d’années. Par exemple, les hommes habitant dans les départements hyper ruraux en 1990 vivaient “seulement” 0,3 année de moins que les hommes en ville.

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La conception de la vie à la campagne est trompeuse en ce qui concerne l’espérance de vie.
Crédits : OtoZapletal/Pixabay

Pourquoi une telle situation ?

Pour Dominique Dhueux, vice-président de l’AMRF ces écarts sont de plus en plus importants en raison de la politique de fermeture des centres médicaux de proximité sur les deux dernières décennies. L’intéressé explique qu’il n’y a tout simplement pas assez de médecins à la campagne et que la population finit par le payer. Il est également question d’un cercle vicieux, en raison d’un moins bon accès aux soins. Avec la pénurie de médecins, les patients font moins souvent l’objet d’une redirection vers les hôpitaux en cas de besoin. Autrement dit, les gens vivant à la campagne se soignent moins que ceux habitant en ville.

L’étude d’Emmanuel Vigneron est un support ayant permis à l’AMRF de formuler quelques solutions au problème. Pour les responsables, il incomberait de poursuivre le développement de la télémédecine, mais aussi d’imposer aux jeunes médecins de venir s’installer dans les zones rurales. Évidemment, il n’est pas certain que cette idée séduise ces derniers. En revanche, le salut pourrait venir d’ailleurs : un quart des professionnels ayant rejoint l’Ordre des médecins en 2010 ont obtenu leur diplôme à l’étranger.