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Faire craquer ses articulations : quels sont les risques de cette manie ?

Crédits : spukkato / iStock

Le craquement ou claquement des articulations est parfois involontaire. Toutefois, dans de nombreux cas, des personnes en ont fait une manie qui peut parfois agacer. Mais d’où ce bruit vient-il au final ? Et cela représente-t-il un risque pour notre santé articulaire ?

L’apparition d’arthrite, une idée reçue

Il est parfois possible d’entendre un léger claquement au niveau du genou ou de la hanche lors du passage d’un tendon sur une protubérance osseuse. Néanmoins, la majorité des craquements surviennent en raison d’un phénomène de cavitation résultant de la séparation des surfaces articulaires. Une bulle de gaz se crée dans le liquide synovial des articulations et celle-ci émet un bruit en explosant (voir schéma ci-après). Néanmoins, une autre théorie met en avant une apparition du bruit lors de la formation de la bulle elle-même.

craquement schéma
Crédits : Romain Brante Ostéopathe

S’il est parfois involontaire, le craquement est aussi une manie pour de nombreuses personnes. L’habitude consistant à se faire craquer volontairement les articulations des doigts ou encore du cou porte d’ailleurs un nom : l’automanipulation. Soulignons également le fait que le craquement est souvent utilisé en chiropractie, une pratique pseudo-scientifique de médecine non conventionnelle.

Une des idées reçues les plus communes que l’on peut entendre sur craquement n’est autre que l’augmentation des risques d’arthrite prématurée et d’arthrose sur le long terme. Mais qu’en est-il réellement ?

Plusieurs études confirment une absence de danger

Plusieurs études laissent penser que se faire craquer les articulations ne provoque aucun effet négatif important. Une étude publiée dans la revue Clinical Anatomy en 2018 explique par exemple les résultats obtenus par le médecin américain Donald Unger. Ce dernier a fait craquer les articulations d’une seule de ses mains durant plus d’un demi-siècle. Or, il n’a observé aucune différence avec l’autre main en ce qui concerne l’apparition d’arthrite. Pour ses travaux, l’homme a reçu le prix Ig Nobel de médecine en 2009.

Auparavant, une autre étude de 1975 portait déjà sur les possibles conséquences de l’habitude du craquage des articulations. Deux groupes de personnes âgées ont participé à ces travaux : les membres du premier groupe se faisaient craquer les doigts souvent, tandis que ceux du second groupe l’évitaient. Or, les résultats n’ont mentionné aucune augmentation des risques d’arthrite, et ce, même dans les cas où les craquements ont pu causer des fêlures aux articulations. Néanmoins, il faut savoir que l’étude de 2018 évoque tout de même plusieurs rapports au sujet de blessures résultant du craquement des articulations. Toutefois, il s’agit de cas assez rares et dont la gravité n’a jamais été jugée très importante.

Enfin, soulignons le fait l’absence de danger concerne les doigts, mais pas le cou. En effet, faire craquer son cou ou plutôt ses vertèbres cervicales peut conduire au déchirement des artères allant vers l’os du cou, c’est-à-dire les artères vertébrales. Dans le pire des cas, cette pratique peut entraîner un accident vasculaire cérébral.