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Extinction des dinosaures : affaire conclue ?

Crédits : Willgard Krause / Pixabay

L’analyse de poussière d’astéroïde chargée en iridium sous le cratère de Chicxulub confirme qu’une roche spatiale est bel et bien à l’origine de la disparition des dinosaures il y a 66 millions d’années.

Si certains proposent une alternative cométaire ou volcanique à l’origine de l’extinction des dinosaures non aviens il y a 66 millions d’années, depuis quarante ans, l’hypothèse la plus largement acceptée reste celle de l’impact d’astéroïde. Nous devons cette idée à l’analyse des couches sédimentaires située à la limite Crétacé-Paléogène trouvées partout dans le monde. Elles présentent en effet des concentrations inhabituellement élevées d’iridium. Or, ce métal est plus couramment retrouvé dans certains astéroïdes et quasiment inexistant dans le reste de la croûte terrestre.

Quelques années plus tard, dans les années 90, les chercheurs ont identifié le site d’impact le plus probable : le cratère de Chicxulub, au Mexique. En 2016, un projet de forage a également souligné que la roche environnante avait été soumise à une immense pression en l’espace de quelques minutes.

Une étude le confirme

Dans le cadre d’une nouvelle étude, des chercheurs de l’Université du Texas (Austin) ont analysé 900 mètres d’échantillons de roches recueillis sous le cratère. Ces travaux ont permis de constater la présence de poussière d’astéroïdes à l’emplacement géologique précis qui marque le moment de l’extinction. “Des niveaux d’iridium trente fois supérieurs à la moyenne ont été trouvés à la limite “Crétacé / Tertiaire (KT) dans ce cratère“, écrivent les chercheurs.

Les concentrations les plus élevées d’iridium ont été trouvées dans une section de cinq centimètres du noyau rocheux récupéré au sommet du fameux “anneau de pointe” du cratère, formé lorsque les roches ont rebondi puis se sont effondrées par la force de l’impact.

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Sean Gulick (Université du Texas) et Joanna Morgan (Imperial College de Londres) examinant des carottes récupérées dans le cratère. Crédits: Université du Texas à Austin / Jackson School of Geosciences

Les dinosaures n’ont eu aucune chance

En plus de l’iridium, les carottes prélevées ont également livré de nombreux composés soufrés. Ces analyses montrent que de grandes quantités de soufre d’origine terrestre ont été soufflées dans l’atmosphère lors de l’impact. Notez que les résultats de quatre laboratoires indépendants du monde entier ont confirmé ces résultats. Selon les auteurs, il s’agit bien de la “preuve finale” que les dinosaures ont été anéantis par un astéroïde et que cet astéroïde a frappé à cet endroit précis.

Concrètement, cette poussière d’astéroïde s’est donc retrouvée vaporisée avec les roches environnantes, avant de dériver dans l’atmosphère et de se déposer au sol, formant la couche enrichie en iridium visible aujourd’hui dans le monde entier dans la couche géologique correspondant à cette époque.

D’après les auteurs, cette poussière soulevée par l’impact aurait circulé dans l’atmosphère pendant environ deux décennies. Autrement dit, c’était suffisamment long pour que tous ceux qui avaient survécu à l’impact et ses conséquences meurent finalement de faim.