Il peut y avoir une explication très simple au paradoxe de Fermi

paradoxe de fermi
Crédits : Paul Campbell/istock

Sommes-nous seuls dans l’univers ? Depuis la formulation du célèbre Paradoxe de Fermi, développé par le physicien du même nom il y a plus de 70 ans, de nombreuses théories et hypothèses ont été avancées pour expliquer pourquoi nous n’avons pas encore détecté de signes de civilisations extraterrestres malgré la vaste étendue de l’univers observable. L’une d’entre elles est probablement la plus déprimante. Selon elle, nous pourrions être seuls, non seulement dans notre galaxie, mais peut-être même dans tout l’univers observable.

Plusieurs hypothèses

Enrico Fermi posa en 1950 la question suivante : pourquoi, compte tenu de l’âge de l’univers et du grand nombre d’étoiles et de planètes, n’avons-nous pas encore détecté de signaux ou de preuves de civilisations extraterrestres ? Plusieurs réponses possibles ont été proposées.

Une explication courante suggère que nous n’avons peut-être pas encore reçu de signaux ou de preuves de civilisations extraterrestres simplement parce que nous ne cherchons pas depuis suffisamment longtemps. Si d’autres civilisations ont une chronologie différente de la nôtre et ont commencé à émettre des signaux il y a des millions ou des milliards d’années, alors ces signaux pourraient encore être en route vers nous, ou nous pourrions ne pas avoir encore développé la technologie nécessaire pour les détecter.

Une autre hypothèse suggère que les civilisations intelligentes atteignent un certain niveau de développement technologique, puis s’autodétruisent. Cela pourrait être dû à des conflits, des guerres, des catastrophes environnementales ou technologiques, ou à d’autres facteurs.

Si nous n’avons à ce jour aucune trace de civilisations extraterrestres avancées, c’est peut-être aussi parce que ces dernières se sont volontairement mises en « veille auto-imposée prolongée ».

Enfin, une autre idée avance que les distances astronomiques et les limitations de la vitesse de la lumière empêchent simplement les civilisations de communiquer ou de voyager efficacement. Les civilisations intelligentes pourraient être dispersées à travers la galaxie, mais les vastes étendues de l’espace entre les étoiles les maintiendraient isolées les unes des autres.

aliens extraterrestres paradoxe de fermi
Crédits : ktsimage/istock

L’équation de Drake

Par ailleurs, l’équation de Drake, développée en 1961 par le radioastronome Frank Drake, vise à quantifier le nombre de civilisations intelligentes dans notre galaxie ou dans l’univers observable. Elle prend en compte des facteurs tels que le nombre d’étoiles ayant des planètes potentiellement habitables et la probabilité que ces planètes développent la vie intelligente. Les estimations basées sur l’équation de Drake varient considérablement, allant de 100 000 à 30 millions de civilisations potentielles.

Une étude de 2018 avait cependant remis en question l’utilisation d’estimations absolues dans cette célèbre équation. À l’époque, les chercheurs avaient suggéré qu’au lieu d’utiliser des valeurs absolues pour chaque paramètre de l’équation (les estimations précises de ces paramètres sont souvent inconnues ou très incertaines), il serait plus approprié d’adopter une approche basée sur des distributions de probabilité compte tenu de l’incertitude et des connaissances scientifiques actuelles.

Par exemple, au lieu d’estimer qu’il y a un nombre précis d’étoiles ayant des planètes, les chercheurs ont pris en compte une plage de valeurs possibles avec des probabilités différentes. Il en va de même pour les autres paramètres. De manière générale, ils ont donc utilisé des distributions de probabilité qui reflètent l’état actuel des connaissances scientifiques.

Nous sommes peut-être seuls

L’étude avait alors abouti à des résultats qui diffèrent de manière significative des estimations basées sur des valeurs absolues. Selon cette nouvelle approche, il est devenu moins certain que d’autres civilisations existent dans la Voie lactée ou l’univers observable. Les estimations de probabilité varient considérablement, allant de 53 % à 99,6 % pour la Voie lactée et de 39 % à 85 % pour l’univers observable.

Autrement dit, il y a de fortes chances pour que nous soyons seuls dans l’univers observable. Et même si des civilisations extraterrestres existaient, elles seraient extrêmement rares, et peut-être situées bien au-delà de l’horizon cosmologique.