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ExoMars : comment expliquer les trois cratères intrigants photographiés sur Mars ?

Crédits : ESA

En mission depuis cinq ans, la sonde ExoMars Trace Gas Orbiter de l’ESA a récemment immortalisé un cliché aussi intéressant qu’intrigant. L’image affiche en effet trois cratères alignés du plus petit au plus gros.

Un cliché troublant pris par la sonde ExoMars Trace Gas Orbiter

Développée par l’Agence spatiale européenne (ESA), la sonde ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) se trouve dans l’espace depuis 2016. En mission jusqu’en 2022, cette sonde contient plusieurs instruments scientifiques dont l’imageur CaSSIS. Ce dernier photographie Mars quotidiennement. Dans un communiqué du 6 août 2021, l’ESA a publié un cliché impressionnant montrant trois cratères de tailles différentes les uns à côté des autres du plus petit au plus grand.

Datant du 22 mars 2021, le cliché montre une zone de la région Lunae Planum sur des latitudes comprises entre 0° et 30° N et des longitudes entre 270° et 315° E. Dans son communiqué, l’ESA explique que région est connue pour être recouverte d’importants dépôts de lave provenant probablement des volcans voisins Tharsis Montes.

Les trois cratères seraient donc le résultat d’anciennes coulées de lave, incarnant ainsi un vestige de l’ancienne activité volcanique de la planète rouge.

cratère Mars lave activité volcanique
Crédits : ESA

Une observation à ajouter aux autres

Au-delà de la beauté de l’image elle-même, elle donne des indications scientifiques sur le passé de Mars. Les chercheurs de l’agence européenne expliquent qu’en zoomant sur les plus grands cratères, il est possible d’observer des couches dans le bord intérieur. Or, ces couches pourraient représenter l’accumulation successive de coulées de lave dans la zone. Autrement dit, l’activité volcanique était particulièrement intense dans la zone, car plusieurs éruptions d’envergure se sont produites. À partir de cette stratification, les planétologues peuvent donc tenter de retracer l’histoire géologique de la zone et de la planète dans son ensemble en associant ces nouvelles données aux autres observations déjà effectuées par le passé.

Aujourd’hui, la science sait que Mars était autrefois active, à la fois sur les plans sismique et volcanique. Néanmoins, le débat sur son activité actuelle anime plus que jamais les discussions dans la communauté scientifique. L’idée d’une planète rouge complètement morte est d’ailleurs fortement remise en cause dans plusieurs études, celles-ci suggérant que Mars est bien plus vivante que ce que l’on pourrait croire.

Enfin, rappelons qu’en mars 2020, l’ESA et l’agence russe Roscosmos avaient annoncé le report à 2022 de la mission ExoMars 2020. En effet, la sonde n’était techniquement pas prête pour les précédentes fenêtres de lancement. Le but de la mission sera de faire atterrir la sonde et de libérer le rover ExoMars de 300kg. Celui-ci aura pour objectif d’identifier la présence d’eau ou de matériaux hydratés et de rapporter une carotte prélevée jusqu’à deux mètres de profondeur dans le sol martien.