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Exomars : le module Schiaparelli s’est bien crashé à la surface de Mars

Crédits : NASA/MRO

Alors que l’agence spatiale européenne (ESA) restait sans nouvelles de son module atterrisseur Schiaparelli, qui devait se poser à la surface de Mars ce mercredi 19 octobre, nous apprenons que ce dernier s’est bien crashé. Toutefois, il a pu transmettre de nombreuses données précieuses avant de s’écraser.

Le module européen Schiaparelli “s’est écrasé à la surface de Mars” mercredi, a annoncé vendredi Thierry Blancquaert, responsable de l’atterrisseur à l’Agence spatiale européenne (ESA). Il “est arrivé à une vitesse beaucoup plus rapide que prévu à la surface de Mars“, sans doute à cause d’un problème au niveau de son parachute, a-t-il poursuivi.

Sans nouvelles depuis mercredi, c’est un cliché capturé par la sonde américaine MRO en orbite autour de la planète rouge qui a confirmé le crash de Schiaparelli. “L’image de la Nasa permet de voir une tache blanche, cohérente avec la taille du parachute. Environ deux kilomètres plus loin, il y a une tache noire aux contours moins nets. C’est certainement le point d’impact de Schiaparelli“, a indiqué Michel Denis, directeur des opérations en vol de la mission ExoMars. “Elle est plus grande que si Schiaparelli était en un seul morceau. Il s’est donc cassé“, a-t-il ajouté.

C’est donc le deuxième échec à faire atterrir en douceur un engin sur Mars pour l’agence spatiale européenne, après Beagle 2 en 2003. Les Américains restent ainsi les seuls à être parvenus à s’y poser et y évoluer.

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Credit: ESA_ExoMars Twitter

Mais cet échec n’est pas catastrophique, et cela pour trois raisons. D’abord, Schiaparelli était avant tout un test, chargé de préparer le terrain pour l’envoi d’un rover mobile en 2021, pour la mission ExoMars 2020. Ensuite, Schiaparelli était l’une des deux parts de cette mission. La sonde européano-russe TGO (Trace Gas Orbiter), l’autre partie de la mission, est elle parfaitement mise en orbite et pourra donc examiner comme prévu la composition de l’atmosphère de Mars. Enfin, avant de s’écraser sur le sol martien, Schiaparelli a pu transmettre de nombreuses données durant sa descente vers Mars, avant que la communication ne soit coupée.

Quasiment rien n’est perdu. Sur les 120 km qui séparaient Schiaparelli du sol martien, seul le dernier kilomètre est perdu“, souligne Véronique Dehant, chef du service des Systèmes de références et Planétologie de l’Observatoire royal de Belgique (ORB). Selon elle, “il faut absolument que les missions se poursuivent si l’Europe veut entrer dans la cour des grands“.

Sources : AFP, ESA