Une étude française menée sur presque une décennie estime que la consommation de nourriture industrielle dite « ultratransformée » augmenterait de plus de 10 % les risques de développer un cancer.

L’étude en question, publiée le 14 février 2018 dans le British Medical Journal et baptisée NutriNet-Santé a été menée par des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et de l’Université Paris 13. Ces recherches suggèrent « une association entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le sur-risque de développer un cancer », et en particulier en ce qui concerne le cancer du sein.

Afin d’arriver à cette conclusion, les chercheurs ont réuni les contributions de 104 980 personnes ayant répondu à des questionnaires entre 2009 et 2017. L’âge médian de ce panel était par ailleurs de 43 ans. Au niveau du suivi de cette cohorte, 2228 cas de cancers ont été diagnostiqués et validés.

Une publication de l’INRA fait état qu’une « augmentation de 10 % de la proportion d’aliments ultra-transformés dans le régime alimentaire s’est révélée être associée à une augmentation de plus de 10 % des risques de développer un cancer global et un cancer du sein en particulier. »

Comment expliquer ces résultats ? Les chercheurs pointent une moins bonne qualité nutritionnelle des aliments ultratransformés, mais pas seulement. En effet, il est également question de la présence des additifs, de substances qui se forment lors des procédés de fabrication industriels, ou encore de matériaux qui entrent en contact avec les aliments. Sont alors incriminés les huiles hydrogénées, les amidons modifiés, les nitrites (conservateurs) et évidemment, les sucres et autres matières grasses.

Bien que selon l’INSERM, « le lien de cause à effet reste à démontrer », les scientifiques estiment en effet qu’il y a là une corrélation et que de plus amples recherches doivent être menées. Par ailleurs, le suivi devrait se poursuivre durant une dizaine d’années afin de tirer des conclusions plus précises et plus formelles.

Sources : Sciences et Avenir – 20 Minutes

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