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Pourquoi l’évolution a fait rétrécir la plupart des animaux ?

ancêtre tortue squelette
Crédits : Wikimedia Commons

De nombreuses espèces animales se sont mises à rétrécir au fur et à mesure de leur évolution. Une transformation contraire à la règle de Cope, qui postule que la taille d’une espèce a tendance à s’accroître avec le temps. Les résultats d’une récente étude mettent les choses au clair.

Comment expliquer les variations de taille au sein d’une lignée ?

L’évolution est un processus complexe influencé par de nombreux facteurs, notamment la pression sélective, l’environnement, les ressources alimentaires ou encore la cohabitation avec d’autres espèces. Si la règle de Cope, remontant aux années 1900, abonde dans le sens d’une augmentation progressive de la taille des espèces, on observe aujourd’hui que ce n’est pas toujours le cas, archives fossiles obligent.

En règle générale, une réduction de la taille corporelle dans la lignée de certains animaux peut être attribué à plusieurs raisons. Parmi elles :

  • Pression sélective : dans les environnement où les ressources alimentaires sont limitées, les individus les plus petits ont souvent moins besoin de nourriture pour survivre.
  • Adaptation à l’environnement et au réchauffement climatique : la taille d’un animal s’adapte généralement à son milieu naturel, qui a lui aussi pu évoluer.
  • Stratégies de reproduction : les animaux plus petits peuvent avoir des cycles de reproduction plus courts, leur permettant ainsi de se reproduire plus fréquemment, un atout de taille dans des environnements changeants.
  • Évolution insulaire : sur des îles isolées, les animaux peuvent évoluer vers une taille plus petite en raison des ressources limitées et de l’absence de prédateurs ou de concurrents.
évolution animaux taille règle Cope
Crédits : Steveoc 86/Wikimedia Commons

La règle de Cope, un principe en faveur de la croissance

Prenant le patronyme du paléontologue américain Edward Drinker Cope, la règle éponyme spécifie que la taille d’une espèce animale tend à augmenter au fur et à mesure de l’évolution de sa lignée. Bien qu’elle se justifie dans la plupart des cas, la règle de Cope subit néanmoins quelques exceptions.

Ainsi, en suivant sa logique, l’augmentation de la taille d’une espèce animale découle de plusieurs avantages évolutifs. Parmi eux une meilleure défense contre les prédateurs, un choix en ressources alimentaires plus varié, une longévité accrue ou encore une meilleure résistance aux changements climatiques.

En revanche, cette évolution de taille peut également entraîner des besoins en eau et en nourriture plus élevés, une fécondité plus faible ou encore un allongement du temps de développement post et pré-natal.

Des archives fossiles qui se contredisent

Si les archives fossiles témoignent généralement de l’augmentation de la taille des espèces animales, quelques exceptions subsistent. Quand la taille de certains animaux augmente, d’autres voient leurs mensurations chuter progressivement.

C’est notamment le cas des poissons osseux, qui, selon une nouvelle étude, verraient leur corpulence diminuer en raison de plusieurs facteurs écologiques (parmi eux le risque d’extinction ou la concurrence pour les ressources).

D’après d’autres recherches, le fait de rétrécir permettrait à certaines espèces d’animaux d’évacuer plus facilement la chaleur, phénomène relevant de l’application de la règle spatiale de Bergmann, particulièrement utile en ces temps de réchauffement.

Ainsi, si les mammifères marins ou les dinosaures ont connu une évolution croissante, certaines espèces de tortues, de poissons d’eau douce ou encore de chevaux ont rétréci au fil du temps, remettant en question la règle de Cope.

tyrannosaure estomac
Fossile de Gorgosaurus au contenu stomacal préservé – Crédits : Musée Royal Tyrrell de Paléontologie