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Le “cœur géologique” de la Terre bat tous les 27,5 millions d’années

Crédits : doctor-a/pixabay

D’après une étude, la plupart des événements géologiques majeurs essuyés depuis 260 millions d’années semblent s’être produits à des intervalles de 27,5 millions d’années. Ces travaux sont publiés dans la revue Geoscience Frontiers.

Existe-t-il une coordination temporelle entre divers événements géologiques ? Depuis plusieurs décennies, des scientifiques le pensent, soulignant un cycle sous-jacent à long terme d’environ trente millions d’années dans les archives.

Néanmoins, ces travaux sur les corrélations et la périodicité potentielle de ces activités géologiques ont été entravés par les limites inhérentes aux datations de ces événements. Or, ce manque de précision laisse encore suggérer que l’enregistrement géologique pourrait être un mélange d’événements périodiques et non périodiques, et qu’il pourrait y avoir des avances et des retards dans les occurrences de divers phénomènes connexes.

Dans le cadre d’une étude récente, Michael Rampino et son équipe de l’Université de New York se sont appuyés sur des techniques statistiques pour savoir si tous ces événements étaient aléatoires, ou si un modèle sous-jacent pouvait effectivement se dessiner.

Un “pouls” tous les 27,5 millions d’années

Pour ces travaux, les chercheurs ont dans un premier temps parcouru la littérature et isolé 89 événements géologiques majeurs produits au cours des 260 derniers millions d’années. Parmi eux figuraient différentes extinctions, des événements anoxiques océaniques (épuisement de l’oxygène), des activités volcaniques majeures (éruptions de basalte) et autres changements dans l’organisation des plaques tectoniques.

Dans un second temps, les scientifiques ont classé ces informations dans l’ordre chronologique. Ils ont ensuite utilisé un outil mathématique (analyse de Fourier) pour isoler les pics de fréquence de ces événements. L’équipe a finalement souligné que la plupart d’entre eux étaient regroupés en une dizaine de périodes distinctes distantes chacune en moyenne de 27,5 millions d’années.

Ce nombre n’est peut-être pas “exact”, mais c’est une “assez bonne estimation” avec un intervalle de confiance de 96%, ce qui signifie qu’il est “peu probable que ce soit une coïncidence“, détaille Michael Rampino.

Pour cette étude, les chercheurs n’ont pu remonter au-delà de 260 derniers millions d’années en raison du manque de précision dans la datation de nombreux événements. Cela dit, ils soupçonnent que ce modèle rythme pourrait également s’imposer encore plus loin dans l’histoire de notre planète. “Les données sur les changements du niveau de la mer remontent par exemple à environ 600 millions d’années et semblent également suivre cette impulsion“, poursuit en effet le géologue.

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Crédits : CC0 Public Domain

Comment expliquer un tel rythme ?

Les raisons de ces impulsions quasi régulières ne sont pas tout à fait claires, mais les chercheurs avancent qu’il pourrait y avoir un lien avec la tectonique des plaques et les mouvements en cours à l’intérieur du manteau terrestre.

Une autre idée propose également que le Système solaire se déplace parfois à travers des plans de notre galaxie contenant de plus grandes quantités de matière noire. “Lorsque la planète se déplace à travers la matière noire, elle en absorbe. Cette matière capturée pourrait alors libérer de la chaleur, favorisant finalement une impulsion de chauffage et d’activité géologique“, note le chercheur. Naturellement, ce n’est qu’une théorie.

Dans le cadre de futurs travaux, Rampino et son équipe chercheront à obtenir des données plus précises sur la datation de certains événements géologiques, et sur une plus grande période de temps. Concernant l’avenir, et si un tel modèle existe bel et bien, la prochaine “pulsation géologique” de la Terre pourrait se produire dans dix à quinze millions d’années.