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En 2021, l’actualité spatiale promet d’être passionnante !

Crédits : NASA

Des explorations lunaire et martienne au déploiement du James Webb Telescope, en passant par les tests à venir du Starship et de la SLS, l’année 2021 promet de nous régaler. Voici une liste non exhaustive des événements qui nous attendent.

Trois missions martiennes

Tous les 26 mois environ, lorsque la Terre et Mars sont alignées favorablement, des vaisseaux peuvent être envoyés vers la planète rouge à des prix plus abordables. L’une de ces fenêtres de lancement s’est ouverte cet été, et trois pays en ont profité.

Nous savons que Mars était autrefois habitable. La grande question est : a-t-elle été habitée ? Pour tenter de le savoir, les États-Unis ont imaginé deux missions. La première visera à collecter des roches et à les mettre en cache, tandis que la seconde visera à les récupérer pour les ramener vers la Terre (collaboration avec l’ESA) où elles pourraient être étudiées avec une instrumentation de pointe.

L’envoi du rover Persévérance de la NASA constitue la première partie de ce plan qui devrait courir jusqu’en 2032. Lancé avec succès le 30 juillet dernier, il est normalement prévu que le rover atterrisse le 18 février prochain dans le fond du cratère Jezero. Perseverance se chargera ensuite de sonder plusieurs sites supposés contenir des roches principalement formées dans un milieu aqueux.

Notez que l’agence américaine compte aussi tirer profit de cette mission pour tester Ingenuity, son nouvel « hélicoptère ». Sur place, ce petit giravion n’aura qu’un seul objectif, celui de réussir à voler. En cas de succès, il sera alors le premier à le faire sur autre planète.

L’Administration spatiale nationale chinoise s’est également illustrée cette année avec l’envoi d’un premier rover dans le cadre de sa mission Tianwen-1. Le but : étudier la géologie martienne et notamment la distribution de la glace d’eau dans les sous-sols. La mission devrait arriver sur Mars en avril 2021. En cas de succès, la surface martienne sera plus un territoire exclusivement américain.

Enfin, n’oublions pas la mission Mars Hope, la première sonde interplanétaire des Émirats arabes unis.

Placée sur une orbite haute elliptique, la sonde aura pour objectif de se concentrer sur l’étude de l’atmosphère martienne. Hope doit atteindre la planète rouge le 9 février 2021. En cas de succès, les EAU seront alors la cinquième entité à envoyer avec succès une mission vers la planète rouge après la NASA, l’Union soviétique, l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Organisation indienne de recherche spatiale.

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Illustration du rover Perseverance. Crédits : Nasa

La Lune aura de la visite

En 2021, plusieurs missions programmées permettront d’affiner notre compréhension de la Lune. En juillet prochain, la société spatiale privée Astrobotic Technology, basée à Pittsburgh, lancera notamment sa mission Peregrine One, pour le compte de la NASA. Ce « robot à quatre pattes » atterrira sur la face nord-est de la face visible de la Lune dans une région appelée Lacus Mortis pour y tester plusieurs instruments permettant, à terme, une meilleure navigation sur notre satellite.

La société privée Intuitive Machines lancera également un alunisseur commercial, nommé Nova-C, sur la Lune au cours de l’été 2021. Il transportera jusqu’à cinq instruments parrainés par la NASA et atterrira sur Oceanus Procellaru, où il fonctionnera pendant un jour lunaire, soit environ 14 jours terrestres.

Luna 25 sera une mission spatiale russe d’exploration concentrée sur le cratère Boguslavsky, située près du pôle sud lunaire. Il s’agira de la première sonde spatiale lunaire lancée par l’astronautique russe depuis 1976. Son principal objectif sera d’analyser le régolithe polaire proche de la surface (analyse de son contenu en eau et de la proportion d’autres éléments chimiques).

L’Inde sera aussi de la partie avec sa mission Chandrayaan-3, qui comprend l’envoi d’un atterrisseur et d’un petit astromobile. Son lancement est prévu pour fin 2021, mais il pourrait être repoussé jusqu’en 2022.

En espérant que cette mission soit couronnée de succès. L’Inde a en effet déjà tenté sa chance à deux reprises sur la Lune. Une première fois avec la mission Chandrayaan-1, en 2008. Malheureusement, après avoir détecté de « l’eau magmatique » dans un cratère, la sonde s’était ensuite écrasée au sol avant d’être retrouvée par la NASA en 2016. Puis une seconde fois avec la mission Chandrayaan-2, en septembre 2019. Les ingénieurs avaient alors perdu le contact avec l’alunisseur lors de sa descente. La machine s’était ensuite écrasée en surface.

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Crédits : Pexels/pixabay

Des lancements de fusées attendus

Le plus important est probablement celui du Space Launch System (SLS), développé par la NASA depuis 2011. C’est en effet lui qui se chargera d’envoyer les prochains équipages vers la Lune, et pourquoi pas plus tard vers la planète Mars. Son premier vol est prévu pour le mois de novembre 2021, dans le cadre de la mission Artemis I, dont l’objectif sera d’envoyer une capsule Orion non habitée autour de la Lune.

Toutefois, des retards essuyés dans le développement du lanceur au cours de ces derniers mois laissent à penser que ce calendrier pourrait être repoussé. Affaire à suivre.

2021 devrait également être une année passionnante pour SpaceX. Après une année 2020 marquée par le premier vol d’essai du Starship, le futur vaisseau interplanétaire réutilisable de SpaceX, Elon Musk prévoit en effet de multiplier les tests dès le début de l’année prochaine. Un premier prototype du booster Falcon Heavy sera déployé.

En parallèle, la cadence de lancements de la Falcon 9 devrait s’intensifier encore davantage, alimentée par les déploiements des satellites Starlink. SpaceX continuera d’envoyer des astronautes vers l’ISS dans le cadre de sa collaboration avec la NASA. Entre-temps, nous devons nous attendre à un premier lancement sans équipage du vaisseau spatial Starliner de Boeing en janvier prochain, avec un éventuel lancement habité cet été vers l’ISS.

Enfin, d’autres gros lanceurs devaient en parallèle pouvoir faire leurs « premiers pas » dans l’espace. Citons la fusée New Glenn de Blue Origin, la fusée Vulcan de United Launch Alliance, le lanceur H3 développé par la JAXA, sans oublier Ariane 6.

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Le premier étage du lanceur SLS destiné au lancement de la mission Artemis I sort de l’usine de Michoud. Crédits : Danny Nowlin

James Webb Telescope et stations spatiales

Après avoir essuyé de nombreux retards et autres dépassements de budget, le très attendu James Webb Telescope devrait normalement être lancé en octobre prochain (on croise les doigts). Ce télescope infrarouge de nouvelle génération se placera au point de Lagrange L2, à environ 1,5 million de km de la Terre. De ce point de vue, il contemplera l’Univers primitif, sondera les galaxies, les trous noirs supermassifs et fournira de nouvelles informations sur les exoplanètes proches – y compris leur composition atmosphérique.

Les activités à bord de la Station spatiale internationale se dérouleront comme d’habitude, avec l’équipage de l’Expedition 64 qui devrait effectuer la plus grosse part du travail. Entre-temps, la Chine devrait faire un grand pas en avant le lancement du module principal de sa propre station, qui devrait être achevée d’ici 2025. À terme, c’est elle qui remplacera l’ISS.