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C’est officiel : l’Europe ne cherchera pas de vie sur Mars avec la Russie

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Illustration du rover ExoMars débarquée sur la planète rouge depuis sa plateforme. Crédits : ESA

L’Agence spatiale européenne a officiellement mis fin à sa coopération avec la Russie sur la mission ExoMars censée être lancée sur la planète pour y chercher des traces de vie. Josef Aschbacher, le directeur général de l’ESA, a fait cette annonce le 12 juillet. En réponse, la Russie menace de stopper l’utilisation d’un bras robotique européen installé sur la Station spatiale internationale (ISS).

Au cours de ces dernières années, l’Agence Spatiale européenne (ESA) et l’agence russe Roscosmos travaillaient ensemble sur une mission visant à rechercher des traces de vie passée sur Mars. L’Europe devait se charger de la construction d’un rover baptisé Rosalind Franklin, dont l’objectif était de collecter des échantillons. La Russie devait de son côté développer une plateforme scientifique chargée de sonder l’environnement local et d’analyser ces échantillons directement sur place.

Le plan initial prévoyait également que le rover soit lancé au sommet d’une fusée Proton depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, et qu’il soit déployé à partir de l’atterrisseur de construction russe.

Initialement, cette mission devait être lancée en 2020. Cependant, des problèmes techniques liés au déploiement des parachutes et des retards liés à la pandémie de Covid-19 ont obligé les responsables à reporter la mission à 2022. Cette mission devait en effet profiter d’une nouvelle fenêtre de lancement ouverte en septembre. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a finalement obligé les deux parties à mettre la mission en stand-by.

L’Europe va continuer seule

Depuis quelques semaines, nous savions que des pourparlers étaient en cours pour tenter d’aller au-delà de ces tensions géopolitiques et de lancer quand même cette mission. Force est de constater que les négociations n’ont pas abouti. Le 12 juillet, Josef Aschbacher, le directeur général de l’ESA, a en effet annoncé que le Conseil de l’ESA avait officiellement décidé de mettre fin à la coopération.

« Les circonstances qui ont conduit à la suspension de la coopération avec Roscosmos, la guerre en Ukraine et les sanctions qui en ont résulté, continuent de prévaloir« , a-t-il déclaré sur Twitter. « En conséquence, le Conseil m’a chargé de mettre officiellement fin à la coopération actuellement suspendue avec Roscosmos sur la mission ExoMars Rover et la plateforme de surface. De nouvelles informations sur la voie à suivre avec d’autres partenaires seront présentées lors d’une conférence de presse le 20 juillet, détails à venir« .

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Illustration du rover Rosalin Franklin. Crédits : ESA

La fin de cette coopération ne signifie pas nécessairement que la mission ne verra pas le jour. A priori, l’Europe devrait en effet continuer seule. Les ingénieurs devront cependant remplacer la plateforme russe par une autre structure de construction européenne. D’autres composants, tels que les moteurs de descente ou les unités de chauffage radioactives, nécessiteront également le concours de la NASA. Enfin, il faudra s’appuyer sur une fusée pour lancer la mission.

Naturellement, tous ces chamboulements rendent un décollage cette année impossible. Compte tenu des chantiers à venir, un lancement en 2028 serait plus probable. En attendant, les composants du rover sont stockés en Italie jusqu’à nouvel ordre.

Si tout se passe enfin comme prévu, l’objectif du rover sera de forer dans le sol martien jusqu’à deux mètres de profondeur pour collecter des échantillons de roche qui seront analysés sur place. À l’intérieur, les chercheurs pourraient isoler des traces de vie ancienne (et pourquoi pas présente ?).