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L’Europe entrevoit son avenir climatique

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Crédits : dazu59/pixabay

Des températures record et des incendies de forêt vicieux ont balayé l’Europe occidentale et le Royaume-Uni ce week-end dans ce qui pourrait être l’une des vagues de chaleur les plus extrêmes jamais enregistrées dans la région. Toutefois, il va falloir s’y habituer.

Il y a quelques jours, et pour la toute première fois, le Bureau météorologique du Royaume-Uni a émis un avertissement de chaleur « rouge », son niveau d’alerte de chaleur le plus élevé, pour Londres, Manchester et d’autres régions du Royaume-Uni. Ce mardi 19 juillet, des thermomètres ont atteint le redoutable seuil des 40°C pour la première fois de l’histoire. Vers 13 heures, heure locale, le météorologue britannique Met Office a même enregistré une température de 40,2°C près de l’aéroport de Londres Heathrow. Observé à Cambridge en 2019, le précédent record dépassait à peine 38,8°C. La France et l’Espagne ont également émis des alertes rouges dans certaines régions, alors que ces deux pays battaient plusieurs records mensuels de température.

Il s’agit de la deuxième vague de chaleur à balayer l’Europe en deux mois. Selon le service Copernicus de l’Union européenne, le mois dernier avait été le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré en Europe.

La chaleur accablante exacerbe d’autres catastrophes liées au climat à travers l’Europe. Non seulement l’Italie étouffe sous une chaleur intense, mais le pays fait également face à l’une de ses pires sécheresses depuis des décennies. Pendant ce temps, des incendies de forêt ont balayé certaines parties du Portugal, de l’Espagne et de la France depuis plusieurs jours, forçant l’évacuation de milliers de personnes.

De manière plus générale, l’Europe est en proie à une aggravation historique des feux de forêt depuis le début des années 80.

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Des alertes au risque extrême d’incendie de forêt sont en place dans plusieurs pays européens au milieu d’une vague de chaleur record. Crédits : Copernic

Les événements exceptionnels deviennent courants

Nous savons que le changement climatique entraîne des vagues de chaleur plus fréquentes et plus graves dans le monde, mais les scientifiques savent que l’Europe se réchauffe encore plus rapidement dans un contexte de changement climatique progressif. Il y a quelques semaines, une étude nous révélait en effet que les vagues de chaleur de la région augmentent en fréquence environ trois fois plus vite et en intensité quatre fois plus vite que dans le reste des latitudes moyennes.

Le Vieux Continent semble particulièrement menacé en raison de la division du courant-jet, un ruban géant d’air rapide qui fait le tour de l’hémisphère nord. Le phénomène connu sous le nom de « double jet » se produit plus souvent et dure plus longtemps, et il est souvent lié à des épisodes de chaleur de longue durée en Europe occidentale (voir notre article sur le sujet).

Dans un tel contexte, les humains les plus fragiles (comme les personnes âgées, les personnes sans logement et celles qui ont des problèmes de santé préexistants) courent un risque considérablement élevé d’urgences médicales ou de décès. Nous savons que les infrastructures dans les endroits aux climats historiquement doux sont également souvent mal préparées pour faire face à ce type d’épisodes. L’augmentation de ces vagues de chaleur record met ainsi en évidence l’urgente nécessité de s’adapter à un monde de plus en plus chaud.

Accessoirement, Séville, en Espagne, est récemment devenue la première ville au monde à établir un système de dénomination et de classement des vagues de chaleur, similaire à la dénomination et au classement des ouragans. Athènes, en Grèce, a également annoncé récemment une initiative qui classera les vagues de chaleur sans les nommer. Le but est de sensibiliser et préparer les populations aux risques liés à ces « tueuses silencieuses ».

Dans le même temps, les scientifiques avertissent encore et toujours que le seul moyen de stopper l’intensification des épisodes de chaleur extrême au fil du temps est de freiner la hausse du réchauffement climatique.