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Une étude sur les émotions menée en secret chez près de 700.000 utilisateurs Facebook

Crédits : cuncon / Pixabay

Saviez-vous qu’en vous inscrivant sur Facebook vous donnez l’autorisation à la société d’utiliser vos données pour participer à toutes sortes d’études éventuelles? C’est d’ailleurs ce qui s’est récemment produit chez plus de 600,000 utilisateurs qui ont vu leur fil d’actualité être modifié afin d’aider des scientifiques à comprendre comment fonctionnait la contagion émotionnelle.

Une étude publiée dans la revue américaine Pnas a révélé que des chercheurs associés à la société Facebook ont modifié en secret le mur de plus de 600.000 utilisateurs pendant une semaine dans le but de mieux comprendre la contagion émotionnelle, c’est-à-dire la façon dont une émotion se transmet d’une personne à une autre.

Pour ce faire, les chercheurs ont modifié le fil d’actualités de 689.003 usagers du réseau social, qui ont été préalablement tiré au sort, de manière à augmenter ou à diminuer la visibilité de certains statuts. Alors que durant la première partie de l’expérience, les statuts positifs étaient plus visibles aux dépens des négatifs, la tendance s’est ensuite inversée durant la seconde moitié de l’expérimentation.

Comment se propagent les émotions?

Après avoir analysé les différents posts publiés par les participants en se basant sur un dictionnaire de mots, les scientifiques se sont aperçus que les personnes ayant été exposées davantage à du contenu positif avaient plus tendance à publier des statuts du même type. La réciproque est par ailleurs vraie, les utilisateurs ayant été soumis à davantage de messages négatifs étaient plus enclins à publier des statuts de nature similaire. « Ces résultats suggèrent que les émotions exprimées par les amis, via les réseaux sociaux en ligne, influencent notre humeur », ont ainsi conclu les auteurs de l’étude.

Une méthode qui fait débat

La méthode utilisée dans cette recherche n’a pas été sans créer une vive polémique autour de la question de l’utilisation des données. Le site Slate a ainsi expliqué que cette étude « pose de sérieuses questions éthiques », puisqu’il s’agirait tout simplement d’une « manipulation des émotions ».

Bien que Facebook se défend de ces accusations en expliquant que sa démarche était parfaitement légale au vu de ses conditions d’utilisation — exploitation possible des informations personnelles « pour des opérations internes […], l’analyse de données, les tests, la recherche » —, une enquête a tout de même été ouverte, le mercredi 2 juillet, par l’autorité britannique de protection des données qui veut s’assurer que la firme américaine n’a pas outrepassé ses droits en manipulant près de 700.000 utilisateurs.

Sources: HuffingtonpostRTL – Slate