Le nombre d’étoiles visibles à l’œil nu pourrait être divisé par deux en moins de 20 ans

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Dans certains endroits du globe, le nombre d’étoiles visibles à l’œil nu durant la nuit pourrait être divisé par deux en moins de vingt ans. Il s’agit de la conclusion d’une étude récente menée en Allemagne sur la pollution lumineuse qui est un phénomène en hausse constante.

Une augmentation de près de 10 % par an

Le phénomène de pollution lumineuse est relatif à la présence de l’éclairage artificiel nocturne ainsi que ses conséquences sur la nature et la santé humaine, notamment. Par exemple, une étude de 2019 expliquait en quoi la pollution lumineuse pouvait nuire aux amphibiens, en plus d’autres animaux comme les papillons de nuit et autres insectes, oiseaux migrateurs, rapaces et mammifères nocturnes.

Cette notion intègre également la pollution du ciel nocturne qui concerne cette fois la disparition des étoiles du ciel en milieu urbain durant la nuit. Or, ce phénomène est en augmentation, comme l’explique une étude menée aux États-Unis et en Allemagne qui a été publiée dans la revue Science le 19 janvier 2023. Selon les chercheurs, la hausse de la pollution du ciel nocturne est plus importante que celle déjà mesurée par le passé grâce à des observations satellites de la Terre durant la nuit.

Cette fois, les scientifiques ont basé leurs conclusions sur des observations d’étoiles sur la période 2011-2022 par un panel de 51 000 « citoyens scientifiques ». Les changements concernant le nombre d’étoiles signalés par ces volontaires ont permis de déterminer le fait que la luminosité du ciel a augmenté de 9,6 % par an en moyenne dans les lieux de résidence des observateurs.

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Des politiques d’éclairages inutiles

L’étude suggère que les lieux où l’on pouvait observer environ 250 étoiles en 2011 voient ce nombre chuter aux alentours de 100 aujourd’hui. Pour les auteurs de ces travaux, le remplacement de nombreux éclairages extérieurs par des diodes électroluminescentes (LED) ne semble donc pas avoir eu de réel impact positif sur la pollution du ciel nocturne.

Par ailleurs, la possibilité que cette détérioration ait été causée (en tout ou partie) par ces nouveaux éclairages eux-mêmes n’est pas écartée. Une chose est toutefois certaine : les politiques d’éclairage décidées par les pouvoirs publics ne réduisent pas la pollution lumineuse.

Les auteurs de l’étude ont également évoqué un aspect n’ayant pas de lien avec l’esthétisme. En effet, « auparavant, lorsque les gens sortaient la nuit, ils étaient en quelque sorte confrontés au cosmos. Vous sortiez dehors, vous voyez les étoiles, la Voie lactée… Et maintenant, c’est comme si c’était devenu un événement inhabituel. Cela a sûrement des conséquences sur nous […], ne plus vivre ce qui était presque universel », déplore Christopher Kyba, l’auteur principal de l’étude et physicien au Centre GFZ de Potsdam (Allemagne).