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États-Unis : qui sont les « écologistes par accident » ?

Crédits : Peter Stevens / Flickr

Dans ce pays où le climatoscepticisme occupe une place forte, certains citoyens sont devenus écologistes malgré eux. Comment ceci est-il possible ? Tout simplement, ces personnes peu sensibles au réchauffement climatique se sont laissées séduire par des produits verts.

L’écologie sans sacrifices

Le 24 avril 2021, le Wall Street Journal titrait : « Comment une vague de véhicules électriques a-t-elle créé des millions d’écologistes par accident ? ». Le quotidien étasunien décrivait le cas de Bob Dykes, un homme de 69 ans à la tête d’une société de gaz et pétrole dans l’état du Wyoming. A priori, celui-ci est loin d’être pro-environnement. Et pourtant, l’intéressé s’est récemment offert une berline Tesla, c’est-à-dire un véhicule entièrement électrique. Il a également acheté un Hummer électrique General Motors. Le fait est que certains constructeurs automobiles sont parvenus à convertir à l’électrique une population jusqu’ici très peu sensible aux arguments écologiques.

Pour Matthew Kahn, professeur d’économie à l’Université de Californie du Sud, ces personnes sont des « écologistes par accident ». Magali Delmas, professeure de management dans le même établissement emploie plutôt le terme « écologiste par commodité ». Autrement dit, ces nouveaux écolos acceptent de choisir des produits verts seulement s’il n’est aucunement question de se résoudre à faire des sacrifices en termes de performances et de confort.

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Crédits : Pexels

Une tendance dont la portée est limitée

Évidemment, les vrais écologistes s’indignent de ce genre de mentalité que l’on pourrait associer au greenwashing. Effectivement, il est possible de se poser des questions sur l’attrait environnemental d’un Hummer électrique de 1 000 chevaux et doté de trois moteurs. De plus, personne ne peut attester que l’électricité alimentant ce véhicule n’est pas issue du charbon (ou du gaz). Et que dire de l’impact environnemental de sa fabrication ?

Matthew Kahn estime néanmoins que pour certains, acheter un produit plus écologique peut déclencher une réaction en chaîne. Rodney Swan, directeur financier dans une compagnie d’assurances, a acheté une Tesla. Ce dernier a ensuite pris goût aux énergies renouvelables au point de faire installer des panneaux photovoltaïques sur le toit de sa maison.

Néanmoins, il semble que cette tendance visible chez certaines personnes aisées – et concernant d’ailleurs d’autres produits – devrait rester tout à fait marginale. Rappelons surtout que la majorité des personnes peu enclines à passer du côté vert se trouvent dans les classes populaires. En effet, les produits verts sont souvent plus chers, et cette partie de la population regarde avant tout son porte-monnaie.