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Un nouvel ankylosaure superbement conservé découvert aux États-Unis

ankylosaures
Zuul crurivastator au combat. Crédits : Henry Sharpe

Une équipe de paléontologues annonce avoir identifié les restes d’une nouvelle espèce d’ankylosaure exceptionnellement préservée dans le Montana. L’analyse de son squelette et de ses tissus mous suggère que ces animaux utilisaient leur queue massive pour affirmer leur domination sociale, entre deux affrontements contre des tyrannosaures. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Biology Letters.

Un fossile exceptionnel

La formation terrestre de Judith River, dans le nord du Montana (États-Unis) s’est déposée sur un intervalle d’environ quatre millions d’années au cours du Crétacé supérieur. Bien qu’ayant été prospectée et collectée en continu depuis le milieu des années 1800, les paléontologues n’y ont récupéré à ce jour que peu de squelettes de dinosaures relativement complets, d’où l’importance de cette nouvelle découverte.

Des scientifiques du Musée royal de l’Ontario (ROM), du Musée royal de la Colombie-Britannique et du Musée des sciences naturelles de la Caroline du Nord annoncent en effet avoir identifié les restes quasi complets d’un nouveau genre et d’une nouvelle espèce d’ankylosaure ayant vécu il y a environ 76 millions d’années. L’animal, baptisé Zuul crurivastator, est d’ailleurs l’ankylosauridé le plus complet jamais trouvé en Amérique du Nord.

La présence de nombreux tissus mous a permis aux chercheurs d’en apprendre davantage sur l’évolution des structures dermiques et épidermiques de ce clade emblématique.

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Crâne de Zuul crurivastator. Crédits : Musée royal de l’Ontario

Combats intraespèce

Le corps de cet ankylosaure était recouvert de plaques osseuses de différentes formes et tailles. Celles développées le long de ses côtés étaient particulièrement grandes et pointues. Fait intéressant : un certain nombre d’entre elles, situées près des hanches des deux côtés du corps, étaient abîmées. L’os et la gaine cornée avaient semble t-il guéri en une forme plus émoussée.

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Photo et illustration du Zuul crurivastator avec des pointes blessées marquées en rouge. Crédits : Danielle Dufault, Musée royal de l’Ontario

D’après les paléontologues, le schéma de ces blessures était cohérent avec le résultat d’une forme de combat ritualisé ou de joutes avec un autre ankylosaure, et non le résultat d’un affrontement avec un prédateur. Cela suggère que quand ils n’étaient pas en train de se défendre contre les tyrannosaures, ces animaux luttaient probablement entre eux pour la domination sociale et territoriale. Peut-être s’engageaient-ils aussi dans une saison de « rut » pour les partenaires, à l’instar de nombreuses espèces actuelles.

« Nous savions que les ankylosaures pouvaient utiliser leurs massues de queue pour porter des coups très puissants à un adversaire, mais la plupart des gens pensaient qu’ils les utilisaient pour combattre des prédateurs. En réalité, les ankylosaures comme Zuul les utilisaient aussi pour se battre entre eux« , souligne Victoria Arbour, principale auteure de l’étude.

La queue de cet ankylosaure mesurait environ trois mètres de long et arborait des pointes acérées le long de ses côtés. La moitié arrière de la queue était également raide, tandis que la pointe était enfermée dans d’énormes taches osseuses, créant une arme semblable à un gros marteau. Bref, mieux valait ne pas le chercher.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.