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Et voici la plus grande comète jamais enregistrée

Crédits : BlackLab/NSF/AURA/J. da Silva

De nouvelles observations de la comète C/2014 UN271 Bernardinelli-Bernstein, qui se dirige actuellement vers l’intérieur du Système solaire, suggèrent que son noyau mesure environ 150 km de large. Il s’agit donc officiellement de la plus grande comète jamais découverte.

Également connue sous le nom de comète Bernardinelli-Bernstein, la comète C/2014 UN271 fut identifiée dans les données de la Dark Energy Survey capturées entre 2014 et 2018. En s’appuyant sur son pouvoir de luminosité, les astronomes ont rapidement compris que cet objet intégrait la “cour des grands”. On estimait alors que son noyau pourrait mesurer au moins 100 km de diamètre. En réalité, nous avons sous-estimé sa taille, principalement en raison de son éloignement. Au moment de ces premières observations, C/2014 UN271 se trouvait en effet à plus de 29 unités astronomiques (UA) du Soleil, soit quasi aussi loin que Neptune.

Un noyau de 150 km de large

Depuis, l’objet s’est rapproché. Le 23 juin dernier, des astronomes néo-zélandais ont même repéré un coma, un halo de gaz et de poussières libéré sous l’effet de la chaleur stellaire, provoquant la sublimation des glaces de son noyau. La comète se trouvait alors à environ 19 UA du Soleil.

Les chercheurs en ont également profité pour affiner leurs estimations. Une nouvelle analyse suggère que le noyau de la comète mesure environ 150 km de large, toujours sur la base de sa luminosité. Cela en fait la plus grosse comète jamais découverte, et de loin ! En effet, le précédent record était détenu par la comète de Sarabat de 1729, avec un noyau estimé à environ 100 km de large. En règle générale, ces objets sont beaucoup plus petits, proposant des “graines” de quelques dizaines de kilomètres de diamètre.

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Un schéma de la trajectoire de l’orbite de la comète qui fera son passage le plus proche en 2031. Crédits : JPL Solar System Dynamics

Rendez-vous dans dix ans

Dans le cadre de ces travaux, dont les résultats ont été soumis aux Astrophysical Journal Letters, l’équipe a également précisé l’orbite de la comète. D’après ces calculs, l’objet effectue un aller-retour incroyablement long le menant à plus de 40 000 UA du Soleil. La dernière fois que la comète se trouvait à son point le plus éloigné, c’était il y a environ 1,5 million d’années.

Nous savons également que la dernière fois qu’elle a traversé notre voisinage, c’était il y a environ 3,5 millions d’années. À l’époque, elle s’était rapprochée à moins de 18 UA du Soleil. Pour ce nouveau passage dans le Système solaire, la comète se rapprochera encore davantage (à 10,9 UA en 2031), atteignant quasiment l’orbite de Saturne. Les astronomes sont évidemment impatients de pouvoir observer de plus près cet objet venu des confins du Système solaire (nuage d’Oort).