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Et si on rendait visite à Vénus avant d’aller sur Mars ?

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Crédits : JAXA

Malgré son environnement infernal, une équipe de scientifiques propose d’envoyer un équipage sur Vénus avant d’envisager une mission habitée vers Mars. Pour quelles raisons devrions-nous concentrer nos efforts sur l’ancienne jumelle de la Terre ? Et est-ce vraiment une bonne idée ?

Vénus a mal tourné. Celle qui, autrefois, ressemblait à la Terre s’est en effet transformée en véritable enfer il y a plusieurs milliards d’années. En surface, la température moyenne oscille désormais autour des 462 °C sous des nuages d’acide sulfurique, tandis que la pression atmosphérique y est 92 fois supérieure à celle de la Terre. Il n’empêche que la planète reste un excellent sujet d’étude.

Naturellement, se rendre sur place est un véritable défi. Les soviétiques ont d’ailleurs essayé par le passé. Ces derniers ont en effet réussi à faire atterrir plusieurs engins en surface, mais aucun n’a survécu plus de quelques minutes, ne renvoyant finalement que des données limitées et quelques photos.

Ainsi, Vénus pourrait ne pas sembler être la destination la plus attrayante pour l’exploration humaine. Une équipe, dirigée par le Dr Noam Izenberg, du laboratoire de physique appliquée de l’Université Johns-Hopkins, préconise pourtant que cet enfer, plutôt que Mars, soit la cible initiale d’une mission habitée vers une autre planète. Les chercheurs ont présenté leur idée au Congrès international d’astronautique (IAC), tenu à Paris la semaine dernière.

Naturellement, il ne s’agirait pas de se poser en surface mais de rester en orbite, bien à l’abri dans un vaisseau lors d’une mission de survol.

Une vraie bonne idée ?

Vénus est nettement plus proche, ce qui rend une mission aller-retour réalisable en un peu plus d’un an, par rapport à un aller-retour vers Mars de potentiellement trois ans. Un survol serait également scientifiquement précieux et pourrait fournir aux agences spatiales une expérience non négligeable dans l’espace lointain en prévision d’une éventuelle mission sur Mars.

Il y a deux ans, cette même équipe avait déjà préconisé de passer d’abord par Vénus avant de viser la planète rouge. Son idée était d’utiliser l’attraction gravitationnelle de la planète pour gagner en vitesse. Une telle assistance prolongerait inévitablement la durée du trajet mais réduirait considérablement la quantité d’énergie nécessaire à ce voyage. Dans le cadre d’une mission habitée, cette option pourrait alors permettre de gagner de la place pour embarquer davantage de charges utiles ou d’astronautes.

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Illustration d’une sonde autour de Vénus. Crédits : ESA

Ceci étant dit, tout le monde n’est pas convaincu par ce concept. « Ce n’est vraiment pas un bon endroit où aller. C’est un environnement infernal et les défis thermiques pour une mission humaine seraient assez considérables », souligne au Guardian le professeur Andrew Coates, du département de physique spatiale de l’UCL. « Vénus reste un formidable centre d’exploration scientifique, mais un survol humain n’ajouterait pas grand-chose à nos connaissances« .

D’autant que Vénus va bientôt recevoir de la visite. Quatre missions robotiques sont en effet d’ores et déjà dans les papiers. Nous savons que la NASAl’ESA ou encore la Chine ont prévu de se rendre sur place pour étudier l’atmosphère vénusienne. La société néo-zélandaise Rocket Lab a également confirmé son intention d’autofinancer le développement et le lancement d’une petite sonde en 2023.