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Et si on faisait revivre la mer Morte avec de l’eau de la mer Rouge ?

Crédits : Pixabay

Le « canal de la Paix », projet existant depuis plusieurs décennies, n’a jamais été aussi proche de se réaliser qu’aujourd’hui. Face à l’assèchement de la mer Morte, l’idée de puiser de l’eau douce dans la mer Rouge est de nouveau à l’ordre du jour.

Ce projet consiste à percer un canal à partir de la mer Rouge vers la mer Morte en profitant du dénivelé de 400 mètres entre les niveaux des deux mers. Instigué par les autorités palestiniennes, Israël et la Jordanie, ce projet de canal de la Paix avait pour but de prévenir l’assèchement de la mer Morte, mais ne s’est malheureusement jamais réalisé.

Face à l’urgence de la situation actuelle, les différentes parties évoquent à nouveau cette même idée. Le temps presse, comme le prouve le témoignage de Moussa Salim al-Athem, un fermier jordanien vivant au sud de la mer Morte :

« Seule la mer peut remplir la mer. […] Avant 1967, l’eau était à dix minutes de marche de chez moi, maintenant, il faut une heure. »

Aujourd’hui, les environs de la mer Morte qui se réduit offrent un paysage assez incroyable, plutôt lunaire avec ses cratères et ses sculptures de sel. L’évaporation de cette étendue d’eau est par ailleurs favorisée par la diminution du débit du fleuve Jourdain, déjà très exploité par Israël et la Jordanie notamment pour produire de l’hydroélectricité.

Le canal de la Paix a reçu depuis plusieurs décennies un grand nombre de propositions. Mais en 2013, un projet d’aqueduc a été retenu et a fait l’objet d’un accord entre Israël, la Jordanie et les autorités palestiniennes. La première étape de ce projet est de pomper 300 millions de mètres cubes d’eau de la mer Rouge et les acheminer vers la mer Morte (à 200 km au nord) après dessalement.

Frédéric Maurel, ingénieur expert de l’Agence Française de Développement (AFD) en charge du projet, indique par ailleurs que stabiliser le niveau de la mer Morte requiert un usage plus économe de l’eau dans l’agriculture, mais également dans l’industrie de la potasse – un minerai salin utilisé notamment dans la production d’engrais.

Si Israël doit encore confirmer l’apport de 140 millions de dollars au projet, celui-ci n’a jamais été aussi proche d’être réalisé. Et au-delà des enjeux pour l’environnement et la population au quotidien, il s’agit également d’apaiser un conflit qui dure depuis trop longtemps.

Sources : Sciences et AvenirL’Express