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Et si nous allions vivre dans l’atmosphère de Vénus ?

Crédits : NASA Langley Research Center

Plus qu’une croyance, un constat : l’être humain est mauvais pour notre planète. Il va falloir en partir à un moment ou un autre. Cette problématique, soulevée récemment dans le film Interstellar, est l’objet d’étude de nombreux chercheurs à la NASA. Mais contrairement à la fiction de Christopher Nolan, l’agence américaine cherche toujours une solution dans le système solaire. La piste Mars? Chère, longue et contraignante. La NASA préfère maintenant s’intéresser à Vénus. Selon le projet HAVOC (High Altitude Venus Operational Concept), l’étoile du berger pourrait nous offrir un environnement habitable : son ciel. Explication d’un projet fou.

Vénus, le nouvel horizon

« Quand on parle d’aller sur Vénus, la plupart des  gens pensent à la surface où il fait assez chaud pour fondre sur place (ndlr. il y fait 500 °C) et où la pression est aussi forte que si vous étiez dans l’océan, à un mile de profondeur. […] Je pense que peu de gens ont considéré l’atmosphère relativement plus habitable et comment aborder la question d’y vivre. » Chris Jones, responsable du projet HAVOC

A 50 km du sol, la température tombe à 75 °C, la pression rejoint de très près celle de la Terre et la gravité devient plus faible. En comparaison, Mars propose une surface à -63 °C et une pression 170 fois inférieure à celle de la Terre. Chris Jones résume « Nous ne trouverons pas d’atmosphère plus proche de celle de la Terre que celle de Vénus dans notre système solaire ». L’étoile du berger propose un autre avantage non négligeable : sa distance. Parce que lorsque les orbites de Vénus et de la Terre sont alignées, une mission pourrait durer seulement 440 jours. 110 jours de trajet aller, 30 jours de mission sur Vénus. Puis finalement, 300 petits jours pour rentrer. Ce qui peut sembler une éternité devient tout relatif si on considère qu’une mission identique sur Mars mettrait deux fois plus de temps et entraînerait beaucoup plus de contraintes. Mais rentrons dans le vif du sujet, en quoi va consister HAVOC exactement ?

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Crédits : NASA Langley Research Center

Une cité des nuages sur Vénus               

Le projet se décompose en deux temps. Un premier voyage enverra un robot pour une mission de reconnaissance. Si les données récoltées confirment les prédictions météorologiques, une équipe sera envoyée 30 jours en orbite de Vénus. Dans un deuxième temps, c’est directement dans l’atmosphère que les astronautes seront acheminés. D’abord pour un mois, puis un an et finalement pour un CDI. Les ingénieurs de la NASA sont actuellement en train de conceptualiser l’engin qui permettrait aux Hommes de vivre dans l’atmosphère de Vénus, une sorte de dirigeable de 130 m de long, remplie d’Hélium et puisant son énergie dans les 1000m² de panneaux solaires sur son dos (l’ensoleillement sur Vénus est 40 % plus important que sur la Terre). Sur le long terme, les Hommes vivraient dans d’immenses cités aériennes au design rappelant la Cité des Nuages de Star Wars fonctionnant elles aussi à l’énergie solaire.

Restent quelques questions : Peut-on sérieusement faire migrer les Hommes ? L’humanité est-elle prête à accepter l’idée de vivre sans une terre sous ses pieds, sans réelle nature ? Ce genre de projet ne tient-il pas du fantasme ? Il faut rappeler que la NASA a l’habitude d’amorcer des projets ambitieux pour finalement les abandonner. Si HAVOC pourrait en faire partie, il a le mérite de penser différemment l’installation sur d’autres planètes.

Par Thomas Delozier

Sources : Spectrum — Site de la NASA — Journal de la Science

– Crédits photo : NASA Langley Research Center