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Et si l’isolement social était bénéfique pour la santé ?

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L’isolement social est très mal perçu, si bien que la plupart des gens tendent à l’éviter. Ce n’est donc pas un hasard si les recherches portent très souvent sur le moyen de résoudre ce problème. Or, une étude estime que lorsque l’isolement social est choisi, celui-ci peut être bénéfique pour la créativité. Mais pas seulement.

Une amélioration de la créativité

L’isolement social chronique a tendance à fragiliser la santé mentale. Chez l’être humain, il est en effet courant de l’associer à la dépression et au trouble de stress post-traumatique. Une étude parue en 2018 suggère que l’isolement social provoque même l’accumulation d’une substance chimique particulière dans le cerveau. Or, le blocage de cette même substance éliminerait les effets négatifs de l’isolement.

L’isolement social est souvent considéré comme un problème de santé publique. Certaines recherches estiment par exemple que le risque de décès est similaire à celui du diabète. Toutefois, il est ici question de cas graves d’isolement involontaire. Et si l’isolement social relevant du choix personnel comportait des avantages ?

Dans le chapitre 6 de la seconde édition de The Cambridge Handbook of Creativity (2019), le psychologue étasunien Gregory Feist indique que l’isolement volontaire améliorerait la créativité. Selon l’intéressé, la créativité est une pensée qui a deux éléments clés, à savoir l’utilité et l’originalité. Or, l’expert y associe plusieurs traits de personnalité, c’est-à-dire l’ouverture, l’efficacité personnelle, l’autonomie ainsi qu’un intérêt peu développé pour la socialisation (insociabilité).

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Crédits : Pixabay / DrCartoon

D’autres bénéfices liés à l’isolement

Une étude parue dans la revue Personality and Individual Differences en 2017 et menée par l’Université d’État de New York à Buffalo (États-Unis) évoque même un bénéfice pour la santé. Les chercheurs ont en effet établi deux constats. Premièrement, la créativité est spécifiquement liée à l’insociabilité. Deuxièmement, l’insociabilité n’a aucune corrélation avec l’agressivité, ce qui est le cas des autres causes de l’isolement social, à savoir la timidité et l’évitement.

Les meneurs de l’étude mettent en avant l’état de repos mental du cerveau que permet l’insociabilité. Lorsqu’une autre personne est présente, le cerveau de l’insociable volontaire ne peut s’empêcher d’être attentif. Il s’agit donc d’une distraction, bien que celle-ci soit positive. Le fait est que les personnes préférant l’isolement social laissent libre cours à leur créativité, ce qui leur permet d’activer un réseau neuronal qui aide à consolider la mémoire mais aussi à mieux se comprendre soi-même et les autres.

Ceci peut paraître paradoxal mais l’isolement (ou plutôt le retrait) permet à ces personnes de retrouver une vie sociale. Les chercheurs indiquent également qu’elles ont certes moins d’amis mais que ces amitiés sont souvent plus fortes. Surtout, ces personnes seraient finalement plus heureuses !