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Et si l’épidémie de Covid-19 avait démarré en septembre 2019 et ailleurs qu’à Wuhan ?

Crédits : Johns Hopkins University (JHU)

Des chercheurs britanniques ont étudié les origines du SARS-CoV-2. Selon eux, celui-ci serait apparu dès septembre 2019 et probablement hors de la ville de Wuhan. En effet, il est question d’une première vague de contamination humaine bien avant le mois de décembre.

La version officielle remise en cause

Le coronavirus SARS-CoV-2 serait apparu en septembre 2019. De plus, ce dernier n’aurait pas fait sa première apparition au sein même de la ville de Wuhan. Cette conclusion est celle d’une étude menée par l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), citée par un article du quotidien hongkongais South China Monring Post publié le 17 avril 2020. Évidemment, les résultats vont contre ce qui est communiqué officiellement, à savoir que le Covid-19 a vu le jour sur un marché de Wuhan en décembre 2019.

L’équipe dirigée par le généticien Peter Forster a analysé les souches du SARS-CoV-2 par le biais d’un réseau phylogénétique. Il s’agit d’un algorithme mathématique permettant d’obtenir une cartographie du mouvement global du virus grâce à la mutation de ses gènes. Les scientifiques ont annoncé une fourchette concernant la première vague de contaminations humaines. Celle-ci se serait produite entre le 13 septembre et le 7 décembre 2019. Néanmoins, les scientifiques estiment que le virus aurait pu muter sous sa forme initiale des mois – voire des années – avant cette période.

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Crédits : NIAID

Pas de conclusions hâtives

Il s’avère que les chercheurs n’ont pas encore pu déterminer la localisation du patient zéro. Toutefois, ceux-ci sont pratiquement certains que le virus a fait ses premières contaminations dans des zones situées au sud de la ville de Wuhan et non à Wuhan même. Par ailleurs, le SARS-CoV-2 partage 96% de ses gènes avec un coronavirus isolé par des chercheurs chinois en 2013. Ce dernier avait été retrouvé dans des excréments de chauves-souris dans la province du Yunnan. À raison d’une mutation par mois environ, le SARS-CoV-2 serait resté à l’intérieur d’une chauve-souris, d’un autre animal ou même d’un humain sans infecter personne, et ce avant d’évoluer vers une version hautement adaptative pouvant causer une pandémie humaine.

L’équipe de Peter Forster a déjà publié une étude dans la revue PNAS le 30 mars 2020. Celle-ci a permis d’examiner les 160 premières souches obtenues après la fin du mois de décembre 2019. Dans leur nouvelle étude, les chercheurs disent avoir élargi la base de données en y incluant 1001 séquences de génome complet.

Enfin, il est nécessaire de préciser que la nouvelle étude dont il est question ici n’a pas encore été vérifiée. Par ailleurs, la méthode intégrant les réseaux phylogénétiques semble être une méthode ayant ses limites. Il est donc préférable d’attendre que d’autres chercheurs vérifient l’étude avant de soutenir ou réfuter ses conclusions.