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Et si l’eau de la Terre n’était pas d’origine extraterrestre ?

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Crédits : PIRO4D / Pixabay

Et si l’eau actuellement présente à la surface de la Terre ne provenait pas seulement d’astéroïdes ou comètes ayant frappé notre planète dans le passé, mais de processus géologiques internes? C’est en tout cas l’hypothèse avancée par deux géologues de l’Université de l’État de l’Ohio.

Jusqu’ici nous avancions que l’eau nous avait été offerte sur Terre suite aux bombardements intensifs de comètes et météorites. Une hypothèse récemment fragilisée par la mission Rosetta, qui nous a confirmé que l’eau présente dans le noyau de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko n’est pas la même que celle présente sur Terre. Des résultats surprenants, qui ont naturellement poussé deux géologues de l’Université de l’État de l’Ohio à nous proposer une nouvelle hypothèse : selon eux, l’eau terrestre proviendrait probablement, du moins pour une part, des astéroïdes et comètes, mais également de processus géologiques internes, propres au fonctionnement terrestre.

Il existerait en effet un processus géochimique qui permettrait à la Terre de « piéger » d’énormes quantités d’eau sous terre, pour ensuite libérer un peu de cette eau vers la surface à la faveur du phénomène de la tectonique des plaques. Ainsi, et selon l’hypothèse avancée, d’énormes quantités d’eau dormiraient ainsi dans les profondeurs terrestres. Une hypothèse qui s’appuie notamment sur de récentes découvertes suggérant que l’intérieur de la planète recèle probablement de grandes quantités d’eau contenue dans un minéral appelé ringwoodite, une forme polymorphe de l’olivine, qui se serait formée dans des conditions de pression très supérieures à celles qui entourent habituellement la formation de l’olivine.

Le « hic », c’est que cette eau serait profondément enfouie sous la surface de la Terre, entre 410 à 660 km de profondeur. Mais à une telle profondeur, comment l’eau parviendrait-elle à la surface de la Terre ? Pour les deux scientifiques, c’est le grenat, une famille de minéraux, qui jouerait le rôle de « relais » pour amener l’eau jusqu’à la surface de la Terre. Mais ce mécanisme de transfert prendrait plusieurs milliards d’années. Un processus lent, très lent, qui expliquerait que ce fameux réservoir n’ait pas encore été épuisé.

Source : The Ohio State University

– Illustration : La sphère bleue représente la quantité totale d’eau disponible à la surface de la Terre.. Le point bleu est la part d’eau douce disponible / Jack Cook, Woods Hole Oceanographic Institution. 2009.