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Et si la ville rendait les animaux plus intelligents ?

Crédits : Pikist

Les zones urbaines sont truffées d’animaux en tout genre. Or, ceux-ci ont développé une panoplie de ruses afin de trouver de la nourriture ou franchir des obstacles dans cet environnement hostile. Pour certains scientifiques, les animaux vivant en ville sont donc devenus plus intelligents.

Les animaux citadins sont malins

Il est difficile de mesurer l’intelligence des animaux, mais il est possible de considérer leur adaptabilité au monde citadin. Dans un article publié le 17 avril 2020, BBC Future s’est intéressé aux oiseaux, rongeurs et autres animaux vivant en ville. Par exemple, les corbeaux japonais font tomber des noix sur la route afin que les voitures les écrasent. Ensuite, ils les récupèrent et s’emparent de leur contenu. Les volatiles auraient même compris que ce stratagème fonctionne bien mieux près des feux de circulation, le feu rouge leur laissant le temps de récupérer leur butin.

Citons également les coyotes à Chicago (États-Unis), qui ont adapté leur comportement en fonction de la ville. En effet, ces animaux savent désormais traverser en évitant le trafic routier. Comment ? En ayant une connaissance de sa densité et de sa vitesse !

Évoquons aussi les ratons laveurs de Toronto (Canada). Ceux-ci sont parvenus à venir à bout d’un dispositif à verrou installé sur les poubelles, destiné à empêcher quiconque de fouiller à l’intérieur. Or, le fait est qu’avant sa généralisation, des ratons laveurs sauvages avaient testé le dispositif. Mais ces derniers n’ont jamais pu accéder à l’intérieur des poubelles. Ainsi, il faut croire que leurs congénères citadins sont plus malins car ils ont trouvé la solution en un temps record.

raton laveur
Les ratons laveurs citadins seraient plus intelligents que leurs congénères sauvages !
Crédits : PxFuel

De plus larges capacités cognitives

Selon certains spécialistes, les environnements en perpétuelle évolution, comme peuvent l’être les villes, génèrent une sélection parmi les animaux. En effet, les différents obstacles et difficultés forcent ces derniers à déployer un large panel de capacités cognitives. Or, ceci s’apparente donc à de l’intelligence. La curiosité, l’audace, la mémoire, la flexibilité ou encore l’innovation font parties des qualités requises pour survivre en ville.

La biologiste Emilie Snell-Rood de l’Université du Minnesota (États-Unis) est à l’origine d’une étude parue en 2013. Celle-ci estime que certaines espèces de rongeurs et autres petits mammifères ont été capables d’augmenter leurs capacités cérébrales à force de vivre en zone urbaine. Pour élaborer sa théorie, l’experte a étudié l’évolution de la taille de leur crâne afin de prouver qu’ils utilisent leur intelligence pour s’adapter.