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Et si cette ancienne potion du Moyen-âge devenait l’antibiotique du futur ?

Crédits : British Library

Des chercheurs britanniques ont retrouvé une recette pleine de promesses dans un grimoire datant du début du Moyen-âge. En recréant cette préparation incluant notamment des oignons et du vin, les scientifiques ont observé une grande efficacité contre les bactéries résistantes.

Une simple recette à base d’oignon

Le Leechbook de Bald est un manuscrit de médecine en vieil anglais, compilé vers la fin du IXe siècle (ou début du Xe). Cet ouvrage compte parmi les plus anciens livres traitant de médecine. Il renferme d’ailleurs des recettes étonnantes. Citons par exemple une recette pour les engelures à base d’œuf, de vin et de fenouil ou encore un aphrodisiaque incluant du thé et du bois bouilli dans du lait.

Or, la chercheuse Freya Harrison et son équipe de l’Université de Warwick (Royaume-Uni) expliquent avoir travaillé sur cet ouvrage dans une publication parue dans Scientific Reports le 28 juillet 2020. Les directeurs de l’étude y ont découvert une recette qui pourrait selon eux permettre de lutter contre les bactéries résistantes. Il pourrait donc s’agir d’un super-antibiotique !

Freya Harrison s’était déjà intéressée à la fameuse recette du grimoire dans le cadre d’une étude publiée par l’American Society for Microbiology en 2015. Il y était question du “collyre de Bald”, une potion à base d’oignon dont la chercheuse avait évalué l’efficacité contre le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus).

Leechbook de Bald medecine livre
Une page du Leechbook de Bald – Crédits : British Library

Efficace contre les biofilms !

Pour cette nouvelle étude, les scientifiques ont recréé la recette originale. Ils ont mélangé des oignons, du vin blanc, de l’ail, ainsi que des sels biliaires bovins. Résultat ? La potion est particulièrement efficace contre les biofilms. Il s’agit d’une forme de colonisation bactérienne résistant souvent aux antibiotiques classiques. Le fait est que leur élimination prend entre cent et mille fois plus de temps que les bactéries classiques !

Les directeurs de l’étude expliquent que les ingrédients de la potion présentent déjà individuellement une certaine activité antibactérienne. Citons par exemple l’allicine (ail et oignon), un composé sulfuré servant aux plantes à se défendre contre certains prédateurs. Toutefois, les chercheurs estiment que l’association des différents ingrédients représente la clé de l’efficacité du traitement. Il est question d’une synergie résultant soit des molécules optimisant l’activité mutuelle des différents composés, soit des différents mécanismes d’action de chacun des ingrédients.

Et si ce genre de potion pouvait incarner une réponse solide face à la résistance aux antibiotiques ? Rappelons qu’en janvier 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) réaffirmait qu’il s’agissait d’une question de santé publique de premier ordre.