Espérance de vie : une baisse de l’écart entre les hommes et les femmes

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Récemment, une étude espagnole a permis d’observer une réduction progressive de l’écart entre hommes et femmes en termes d’espérance de vie. Comment expliquer la réduction de cet écart ?

Une réduction de l’écart hommes-femmes

Depuis que le calcul de l’espérance de vie existe, les femmes ont toujours eu quelques années de plus que les hommes, parfois une décennie. Cela a surtout été le cas durant le siècle dernier en plus de l’augmentation de la longévité de la population en général. Toutefois, l’écart entre les hommes et les femmes a tendance à se resserrer aujourd’hui, comme l’affirme une étude publiée dans la revue PLOS ONE le 17 janvier 2024. Dans le cadre de cette étude pilotée par l’Université Alcalá à Madrid (Espagne), les auteurs ont comparé les taux de mortalité de la population de 194 pays. Pas moins de cinq catégories ont été créées, de celle qui comprend les pays aux taux d’espérance de vie les plus hauts (ex. : Australie ou Japon) à celle qui regroupe les plus bas (ex. : Ouganda ou encore Rwanda).

Selon les résultats, l’écart entre hommes et femmes s’est réduit, même dans les pays qui ont eu les plus forts taux de croissance de l’espérance de vie durant les deux dernières décennies. Autrement dit, dans des pays tels que le Rwanda et l’Ouganda, l’augmentation de l’espérance de vie était le résultat d’un « rattrapage » de la part des hommes. L’espérance de vie des hommes dans ces pays est passée de 30,9 ans en 1990 à 45,2 ans en 2010 et celles des femmes, de 50,4 à 51,3 ans. Au niveau des pays les plus riches, l’écart hommes-femmes est passé de 4,84 ans en 1990 à 4,77 ans en 2010. Par ailleurs, les prévisions des auteurs de l’étude pour 2030 donnent un écart de seulement 3,4 années.

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Plusieurs raisons possibles pour expliquer ces changements au niveau de l’espérance de vie

La croissance générale de la durée de vie peut s’expliquer en partie par l’amélioration des soins médicaux, en particulier dans les pays en voie de développement. Néanmoins, cette raison ne peut expliquer à elle seule ce que les auteurs de l’étude ont nommé la « convergence des deux sexes ». Il faut dire que les décès liés au tabac et à l’alcool touchent les hommes de manière disproportionnée. Or, leur consommation globale est en forte baisse. Par ailleurs, la remontée soudaine du taux de mortalité dans les pays de l’ex-URSS après la chute du régime soviétique pourrait également être un indice.

Enfin, la pandémie de Covid-19 récente pourrait avoir faussé les résultats pour le début des années 2020. Une légère baisse de l’espérance de vie a été observée dans plusieurs pays bien qu’un retour à la normale ait été observé en 2021 dans la plupart des cas.