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Et si des animaux transgéniques nous aidaient à lutter contre les effets du changement climatique ?

Crédits : iStock

Des coraux résistants au blanchiment, des mammouths-éléphants parcourant la toundra ou encore des cultures résistantes à la sécheresse… Certains chercheurs affirment que des espèces génétiquement modifiées pourraient être la clé non seulement pour lutter contre le changement climatique, mais également pour annuler ses effets. 

L’Homme a fait du mal à cette planète et il continue de lui faire mal. Il ne fait aujourd’hui aucun doute que nous sommes au bord d’une extinction de masse. La sixième sera donc, semble-t-il, orchestrée de nos propres mains ! Si certains pensent déjà à coloniser d’autres mondes, d’autres en revanche comptent bien s’accrocher à notre planète. Difficile de couper le cordon en ne laissant derrière nous qu’un champ de bataille. Pourrait-on alors panser les blessures de notre monde ? Certains en sont sûrs et pour ce faire, il suffirait d’utiliser des espèces génétiquement modifiées pour optimiser la santé de nos écosystèmes.

Sur le plan éthique, le sujet est assez chargé. Mais les technologies existent. Et elles fonctionnent. CRISPR permet par exemple de produire du saumon transgénique qui grandit deux fois plus vite que le saumon naturel. Nous nous sommes déjà attaqués aux moustiques avec d’autres moustiques génétiquement modifiés pour combattre les virus Zika et la dengue dans la nature. Les chercheurs sont également sur le point de créer un « super corail » adapté à un climat plus chaud et un mammouth-éléphant hybride est probablement déjà en route grâce à l’édition de gènes.

Il ne s’agit pas ici de réintroduire des espèces disparues, mais de s’adapter. En sa qualité d’experte de la paléoécologie des âges glaciaires, Jacquelyn Gill les oppose en comparant le projet de clonage du mammouth laineux et la « création » d’un mammouth-éléphant hybride dans le but de fortifier la toundra menacée par le réchauffement climatique.

« Un éléphant- mammouth a plusieurs fonctions », explique-t-elle à Vice. « Les éléphants meurent à un rythme alarmant à cause du braconnage et du marché de l’ivoire. Si vous pouvez ouvrir un habitat pour eux loin des braconniers, c’est un plus pour les éléphants. Si vous pouvez lâcher des éléphants-mammouths dans la toundra pour la rendre plus résistante au dérèglement climatique, il y a de nombreux effets bénéfiques pour les autres espèces. Le changement du climat et la manière dont il rejoint d’autres menaces vont finir par nous forcer à être super créatifs pour sauver certaines espèces. L’idée du gros animal comme rempart pour les animaux plus petits me plaît. Par contre, ressusciter une espèce disparue au nom de la curiosité scientifique est une idée qui me plaît moins ».

Au rythme où vont les choses, il ne fait aujourd’hui aucun doute que les régions sauvages du futur seront peuplées au moins en partie d’espèces génétiquement modifiées immunisées contre certaines maladies et plus résistantes aux chaleurs extrêmes.

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