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Une espèce invasive de serpent menace l’île de Guam

Crédits : iStock

L’écosystème de l’île de Guam est sérieusement en danger, la faute à une espèce invasive de serpent qui décime la population animale indigène et menace la croissance de nouveaux arbres.

Dans les années 80, le serpent Boiga irregularis, introduit sur l’île de Guam dans les années 1940, avait déjà décimé 10 des 12 espèces d’oiseaux de l’île 544 kilomètres carrés assise entre l’Australie et le Japon. Seulement cet écosystème tout à fait particulier repose sur des espèces végétales qui disséminent leurs graines par ornithocorie. Les graines transitent en effet le long du système digestif des oiseaux en résistant aux sucs et sont disséminées intactes dans les déjections de l’animal. Sans oiseaux, la forêt ne peut donc plus se régénérer et la situation inquiète.

Le boiga irregularis, qui se nourrit également de lézards, de petits oiseaux, de chauve-souris et de rongeurs, menace donc la pérennité des forêts de l’île. Une étude récente publiée dans la revue Nature Communication chiffre le constat : au cours d’une expérience in situ, la dispersion des graines de deux types d’arbres étudiés a été réduite de 61 et 92 %, ce qui limite fortement à terme la capacité de nouveaux arbres à pousser.

« L’impact global de l’invasion du boiga irregularis, et du déclin des oiseaux, est encore à déterminer, mais nos résultats suggèrent clairement que les effets indirects vont être importants et porteront potentiellement atteinte à la structure et la composition des forêts », indique Joshua Tewksbury, coauteur de l’étude et membre de l’organisation Future Earth. « Cette énorme baisse montre combien les oiseaux sont cruciaux pour la vie des forêts », souligne dans un communiqué Haldre Rogers, une chercheuse ayant participé à l’étude.

La scientifique de l’Université de l’Iowa raconte que sur l’île de Guam « tout est silencieux » tandis que sur celle de Saipan, voisine, mais préservée du boiga irregularis, « le chant des oiseaux est constant ». Les chercheurs concluent que si les conséquences du déclin des oiseaux ne sont pas encore entièrement connues, l’étude montre néanmoins le potentiel des espèces invasives à refaçonner des écosystèmes entiers. L’île de Guam est devenue le seul endroit au monde où tous les frugivores natifs ont disparu sans être remplacés.

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