L’ESA termine l’assemblage de son vaisseau Hera

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Illustration de la sonde Hera autour de son astéroïde. Crédits : ESA

Construite et préparée initialement en deux moitiés, la sonde Hera est désormais assemblée. Cette mission est la contribution de l’Europe à une expérience internationale de défense planétaire. Quels seront ses objectifs ?

Une mission explosive

Il y a quasiment un an, le 26 septembre 2022, un vaisseau américain nommé DART impactait le plus petit astéroïde d’un couple binaire dans le cadre d’un exercice de défense planétaire. Ce type de mission pourrait permettre aux chercheurs de mieux se préparer dans l’éventualité de l’impact d’un objet de ce type sur la Terre.

La mission DART est aujourd’hui considérée comme un succès dans la mesure où elle a réussi à modifier l’orbite d’un astéroïde, ce qui était l’objectif. Nous savons aussi que cet événement a entraîné l’éjection de poussière et la formation d’une longue queue semblable à une comète. Plus récemment, les chercheurs ont également pu identifier une quarantaine de rochers de plusieurs mètres de diamètre se déplaçant avec le système tout en étant distincts de celui-ci.

Par ailleurs, les scientifiques sont toujours en train de passer au crible les données de la collision pour en tirer un maximum d’informations. Cependant, nous aurons une image plus claire des conséquences de l’impact une fois que la sonde HERA se rendra sur place. Développée par l’Agence spatiale européenne, elle sera chargée de cartographier le cratère formé par la collision. Selon les plans initiaux, Hera devait assister en direct à l’impact. Malheureusement, des retards de financements ont finalement amené les responsables de mission à décaler son envol.

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Illustration du vaisseau DART en train de foncer sur sa cible. Crédits : NASA/Johns Hopkins APL

Le vaisseau entièrement assemblé

A priori, le vaisseau n’arrivera pas sur place avant fin 2026 au plus tôt. Néanmoins, les travaux d’assemblage sont d’ores et déjà terminés. Il y a quelques jours, les deux modules du vaisseau (le module central et le module de propulsion) ont été assemblés au dixième de millimètre près dans les installations de la société technologique OHB à Brême, en Allemagne. L’opération a duré environ trois heures.

« Auparavant, nous avions ces deux modules ; maintenant, vous pouvez dire que le vaisseau spatial est né« , a déclaré Paolo Martino, l’un des ingénieurs, dans un communiqué.

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Le module de propulsion (visible ici) a été couplé au module central d’Hera pour compléter la structure du vaisseau spatial. Crédits : ESA

En ce qui concerne la suite, plusieurs charges utiles seront bientôt installées sur le pont supérieur du vaisseau spatial. Ce dernier sera ensuite transporté au centre de test ESTEC de l’ESA aux Pays-Bas où il sera soumis à une campagne de tests environnementaux dans le cadre des contrôles de préparation au vol.

Le vaisseau spatial devrait être lancé depuis Cap Canaveral en octobre 2024 au sommet d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Deux cubesats, nommés Juventas et Milani, accompagneront également la sonde. Le premier transportera une minuscule charge utile radar pour donner un aperçu de l’intérieur de Dimorphos, tandis que le second effectuera des observations dans le proche infrarouge de la surface des deux roches.