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Vers des épisodes El Niño plus fréquents dès 2040

Crédits : Public Domain.

Le phénomène El Niño devrait survenir de plus en plus fréquemment d’ici à 2040 et accentuer le risque d’inondations et de sécheresses extrêmes dans la ceinture tropicale, voire au-delà. C’est du moins ce que rapporte une nouvelle étude publiée dans la célèbre revue Nature Climate Change ce 7 mars.

El Niño est un phénomène climatique qui se produit de façon naturelle tous les deux à sept ans. Issu d’un couplage entre l’océan et l’atmosphère, il consiste en un réchauffement anormal des eaux le long de l’équateur au centre et à l’est du Pacifique, et amène un bouleversement du cycle hydrologique dans la ceinture tropicale. Les impacts associés s’étendent même au-delà et affectent aussi bien le secteur socio-économique que ceux liés à l’environnement ou à la santé.

L’impact du changement climatique sur El Niño se précise

On sait que le réchauffement global va affecter la dynamique du phénomène El Niño, en partie car une atmosphère plus chaude peut contenir plus de vapeur d’eau. Or, si une plus grande quantité d’eau circule dans les perturbations tropicales, plus de chaleur latente est libérée au moment de la condensation, ce qui se répercute sur les champs de vent et de pression à grande échelle.

Dans ce contexte, un groupe de chercheurs a récemment appuyé l’hypothèse d’une augmentation de la fréquence des évènements El Niño en climat plus chaud. Selon les travaux des scientifiques, cette influence deviendrait perceptible au cours de la décennie 2040. Plus précisément, c’est à ce moment que les simulations étudiées par les chercheurs montrent un signal distinguable de la variabilité naturelle du climat.

Signature d’un épisode El Niño sur les anomalies de températures de surface de la mer. Crédits : NASA.

« Nous savons que lorsque l’on mesure les changements d’El Niño en termes de changements de précipitations dans l’est du Pacifique équatorial, les modèles prédisent une augmentation de la fréquence des évènements », note Jun Ying, auteur principal du papier. « Cette étude montre que ces changements pourraient se produire après les deux prochaines décennies ».

Une augmentation de fréquence déjà engagée

Un élément important soulevé par ces travaux est que la date d’émergence dépend assez peu du scénario d’émission de gaz à effet de serre considéré. En effet, que les émissions se poursuivent au rythme actuel où qu’elles soient rapidement maîtrisées, les simulations montrent dans tous les cas une hausse de la fréquence des épisodes El Niño vers 2040. Une conséquence qui paraît ainsi inévitable, fruit de nos émissions de gaz à effet de serre passées.

« Nos résultats sont instructifs pour la détection des signaux de changement climatique et soutiennent une émergence rapide des risques d’extrêmes climatiques induits par El Niño, indépendamment des actions d’atténuation », indique à ce titre l’étude dans sa conclusion. Toutes les actions menées dès à présent permettront néanmoins de limiter la dérive et d’éviter un bouleversement majeur d’El Niño et du climat de façon générale.