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Pourquoi la France n’est pas menacée d’une épidémie d’Ebola

Crédits : Desi_siempreL / Wikimedia Commons

Cette semaine, deux cas d’Ebola ont été confirmés aux États unis, et un est suspecté en Europe. Une propagation dans les pays développés reste toutefois peu probable.

L’inquiétude monte, alors qu’un passager d’un vol Air France a été hospitalisé jeudi à Madrid, après avoir montré les symptômes d’Ebola. Des contrôles de température ont été mis en place vendredi dans les aéroports français. Les spécialistes restent toutefois rassurants, et rappellent que le virus est peu contagieux dans les premiers stades de la maladie.

« Je ne pense pas, à titre personnel, qu’en serrant la main d’une personne affectée par le virus, on risque quelque chose », affirme Sylvain Blaise, directeur du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales. Le Professeur Pierre Saliou, spécialiste de vaccinologie et des maladies infectieuses insiste quant à lui sur la protection apportée par un système de santé robuste : « En Europe, comme aux États-Unis, on peut prendre des mesures de sécurité très efficaces. Isoler le malade dans des services adaptés, identifier les personnes qui ont été en contact et les informer qu’elles doivent immédiatement consulter si des symptômes apparaissent. »

Il n’en est pas de même pour le personnel médical. Les fluides corporels, très chargés en virus sont répandus en abondance à la fin de la vie du malade et leur posent de graves risques. Aux États-Unis, les infirmières Nina Pham et Amber Joy Wilson sont placées en isolation depuis le début de la semaine après avoir été contaminées par un même patient, Thomas Eric Duncan, qu’elles traitaient au Texas Health Presbyterian Hospital. Sur les 8300 cas recensés par l’OMS depuis le début de l’épidémie, 416 concernaient des soignants.

Le virus a fait un total de 4500 morts, presque tous en Afrique Occidentale, où l’épidémie reste hors de contrôle. Ce bilan très lourd est dû en grande partie à un système de santé défaillant. La Sierra Leone, où le virus a tué plus de 800 personnes, comptait moins de 150 médecins pour plus de 5 millions d’habitants en 2010.

Bien entendu, si le virus venait à muter, toutes ces considérations viendraient à changer pour les pays occidentaux.

Alban Ceau

Sources : Slate, WHO, CIA, Le Figaro