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L’épaisseur de la rétine peut être un indicateur de la santé du cerveau

Crédits : PxHere

Une étude néo-zélandaise récente a mis en lumière un fait assez surprenant. Selon ses résultats, les personnes dont les couches rétiniennes sont les plus minces ont davantage de risques d’échouer à des tests de performances cognitives. Cette étude pourrait permettre de mieux prédire les risques concernant la maladie d’Alzheimer.

Définir des signes cachés

Selon la Fondation Médéric Alzheimer, la maladie d’Alzheimer (ou une maladie apparentée) touche aujourd’hui environ soixante millions de personnes. Les prévisions indiquent que ce nombre dépassera les 150 millions en 2050. Actuellement, il n’existe aucun traitement permettant de guérir ou même de ralentir cette maladie. Certaines pistes sont toutefois explorées comme le viagra ou encore un vaccin faisant l’objet d’un test clinique. En l’absence de traitement valable et en raison de l’augmentation de la prévalence de la maladie, un des objectifs de la recherche est d’identifier les signes cachés permettant de mieux prédire les risques chez les patients.

Publiée dans la revue JAMA Ophtalmology le 10 février 2022, une étude s’est par exemple intéressée à la rétine. Les chercheurs de l’Université d’Otago (Nouvelle-Zélande) associent en effet l’amincissement de la rétine à un âge moyen aux performances cognitives. Les résultats de ces travaux donnent à penser que dans un futur plus ou moins proche, un simple test oculaire pourrait être un moyen de prédire les risques d’Alzheimer. Il faut dire qu’identifier ces personnes à un stade préclinique donnerait la possibilité d’intervenir plus tôt.

personne agée
Crédits : Pixnio

Un indicateur de la santé globale du cerveau

L’étude livre une analyse des données de l’expérience de Dunedin. Menée en Nouvelle-Zélande au début des années 1970, celle-ci concernait mille nouveau-nés. Un demi-siècle plus tard, soit en 2020, les scientifiques ont choisi un sous-groupe se composant de 865 adultes ayant fait l’objet de scintigraphies oculaires à l’âge de 45 ans. Les volontaires ont également subi des tests neuropsychologiques durant leur enfance et à l’âge adulte. Rappelons au passage que la scintigraphie oculaire est un type d’examen donnant les moyens de diagnostiquer certaines maladies très tôt.

Selon les chercheurs, les patients ayant des couches rétiniennes plus minces ont davantage échoué lors de tests de performance cognitive. Toutefois, il est important de souligner que l’amincissement de la rétine et la baisse globale des performances cognitives n’ont pas forcément un lien avec l’occurrence d’une maladie neurodégénérative. Il peut en effet simplement s’agir d’un signe de vieillesse.

Néanmoins, certaines études antérieures ont déjà démontré que l’épaisseur rétinienne peut être un indicateur de la santé globale du cerveau, en termes de déclin cognitif et de diagnostic de démence. Enfin, les chercheurs néo-zélandais indiquent que l’intelligence artificielle pourrait un jour s’avérer utile pour mener des tests et prédire les risques de développement de la maladie d’Alzheimer.