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Entraîner des voitures autonomes, un travail de fourmi payé entre 1 et 5 dollars de l’heure

Crédits : capture YouTube / Wayve

Différentes sociétés présentent les voitures autonomes comme étant l’avenir du transport routier. Néanmoins, comme toute industrie, ce secteur ne semble pas échapper à certaines dérives. Entraîner les voitures autonomes est ainsi devenu le travail de nombreuses “petites mains”, dont le salaire est souvent dérisoire.

Un but : améliorer l’algorithme de conduite des voitures autonomes

Amazon Mechanical Turk est un service de microtravail en place depuis 2005. Il s’agit d’une plateforme Web de crowdsourcing où de milliers de petites mains effectuent des tâches répétitives pour un salaire que beaucoup jugent faible. Ces tâches consistent à analyser ou produire de l’information dans des domaines où l’intelligence artificielle manque encore de précision. Citons par exemple l’analyse du contenu d’images, l’étiquetage de photos, la transcription de données, la suppression de doublons ou encore l’annotation de vidéos.

Dans un article publié le 3 août 2021, le site Rest of World compare Amazon Mechanical Turk à la plateforme Remotasks, appartenant à une start-up basée en Californie. La mission des petites mains de cette plateforme est d’entraîner les voitures autonomes. Les véhicules enregistrent en effet des milliers d’heures de vidéo durant leurs phases de test. Ainsi, ils doivent apprendre à reconnaître des objets (ou obstacles) représentant un danger potentiel.

À terme, l’objectif est de permettre une amélioration de l’algorithme de conduite. Concrètement, les travailleurs doivent taguer les images. Or, les dangers potentiels à identifier sont nombreux, par exemple un chien traversant la chaussée, un feu rouge en panne ou encore une averse arrivant subitement.

Waymo
Crédits : Wikimedia Commons / Waymo

Une tâche cruciale souvent mal rémunérée

Selon Rest of World, ce travail de fourmi est payé entre un et cinq dollars de l’heure suivant les pays où résident les employés, leur temps de travail ou encore la complexité des tâches à effectuer. Dans certains pays en difficulté tels que les Philippines et le Venezuela, de nombreuses personnes y voient une opportunité de gagner quelques dollars. Seulement, voilà, entraîner une IA qui se destine à la conduite autonome n’est pas une tâche insignifiante. Dans le cas d’un travail bâclé, les conséquences dans la vie réelle peuvent être regrettables.

Ainsi, certaines sociétés comme Waymo sous-traitent ce type de travail tout en ayant d’importantes exigences. Des scores de précisions en dessous de 90 ou 85 % peuvent générer des avertissements envers les travailleurs. Or, les tâches demandées peuvent être extrêmement minutieuses. Un employé a par exemple expliqué qu’aujourd’hui, les caméras sont devenues si sensibles que celles-ci sont capables de capturer la moindre goutte de pluie lors d’une averse. Il indiquait qu’il lui fallait donc taguer chaque goutte afin d’éviter que l’IA considère qu’il s’agit d’un obstacle.