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« L’enterrement au lit », une coutume du Moyen Âge

Crédits : sumnersgraphicsinc/iStock

Les pratiques sépulcrales ont depuis toujours été fonction de la civilisation et de l’époque et étaient souvent liées à la religion et à la promesse d’une vie après la mort. En témoignent les tombeaux égyptiens destinés aux grands souverains de jadis, les gigantesques pyramides ou les funérailles vikings durant lesquelles le défunt était brûlé avec le navire et les objets de valeur placés çà et là afin de rejoindre le Valhalla. En Europe également, les enterrements ont leurs propres particularités. Cette coutume atypique qu’est l’inhumation au lit en est un bon exemple.

Des lits sépulcraux exclusivement réservés aux femmes

Emma Brownlee, archéologue au McDonald Institute for Archaeological Research à Cambridge (Angleterre), et son équipe ont publié leurs résultats d’analyses sur 72 cas d’enterrements au lit datant de l’Europe médiévale. D’après leurs travaux, ce type d’inhumation reste rare, du moins d’après les excavations qui ont eu lieu jusque là, et ne concernent que la gente féminine qui aurait tenu une place de haut rang dans la société médiévale. Cette pratique funéraire a débuté après le VIIe siècle en Angleterre.

De plus, Emma Brownlee affirme que le christianisme a joué un rôle important dans l’enterrement au lit, comme en attestent les ornements religieux tels que des croix arborant le bois de construction des lits. Il s’agirait de femmes ayant répandu la confession chrétienne, à une époque où cette dernière prenait une ampleur conséquente à travers le monde connu.

réplique enterrement au lit
La « Princesse saxonne », une reproduction d’un enterrement au lit au musée de Kirkleatham (Royaume-Uni). Crédits : Prioryman/Wikimedia – CC by 3.0

L’enterrement au lit en Europe, une pratique issue pour l’heure des Coptes d’Égypte

Cette procédure mortuaire se retrouvait déjà quelques centaines d’années plus tôt, en Égypte copte (où résidaient les chrétiens égyptiens) aux alentours du IIIe siècle. Elle s’est ensuite perpétuée en Europe occidentale, la mode byzantine ayant inspiré certaines coutumes au sein des terres européennes.

Ces mœurs ont notamment été rencontrées en Slovaquie où a été découverte la plus ancienne sépulture renfermant un squelette alité : la tombe de Poprad-Matejovce. D’ailleurs, la forme du lit est étonnante puisqu’elle laisserait plutôt deviner une sorte de divan (photo ci-dessous).

L’inhumation au lit du navire Oseberg (Norvège) de l’an 834 représente quant à elle la trouvaille la plus célèbre. Elle a mis au jour deux femmes dans leur literie richement décorées aux piliers somptueusement sculptés pour l’époque.

lits enterrements Angleterre
Les différents lits retrouvés au sein des sépultures. (a) Trossingen. (b) Cathédrale de Cologne. (c) Poprad-Matejovce. (d) Oberflacht 23. (e) Swallowcliffe Down. (f) Osberg. Photographie : (a) par M Schreiner © Archäologisches Landesmuseum Baden-Württemberg. Dessins : (b, e, g) par G Speake. (c) par N Lau. (d) par F von Durrich et W Menzel. (b, e, g) © Historic England. Crédits : Emma Brownlee et al./Taylor & Francis Online

D’innombrables recherches se focalisent sur les sépultures d’anciennes civilisations et ces découvertes permettent de comprendre un peu mieux les rites et la vie de ces ancêtres disparus. Dernièrement, des archéologues ont par exemple déniché fortuitement un bateau-tombe en Norvège, situé sous terre.

Aujourd’hui, il est de coutume d’enterrer nos proches dans un cimetière communal ou d’incinérer leur dépouille et conserver les cendres à l’intérieur d’une urne funéraire. Cependant, il est tout à fait licite d’enfouir un cercueil dans notre jardin (en respectant certaines mesures).