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Les engagements européens de réductions des GES à la fois ‘ambitieux et crédibles’

Crédits : Pixabay

Parmi les engagements différenciés pris par les pays développés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ceux avancés par l’Europe sont à la fois les plus ambitieux et les plus à même d’être respectés. C’est du moins ce qu’avance une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature Climate Change ce premier septembre.

Dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat signé en 2015, chaque pays est invité à présenter sa propre contribution à l’effort collectif visant à limiter le réchauffement global sous la barre des 2 °C et, si possible, 1,5 °C. Ces engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre déterminés au niveau national ont été plus ou moins ambitieux selon les pays et doivent être révisés tous les cinq ans.

Engagements de réduction des gaz à effet de serre : entre ambition et crédibilité

Une étude a récemment évalué l’aptitude des différents pays ou groupes de pays à respecter les objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés dans le cadre de l’accord de Paris. Or, contrairement à une idée très répandue, les chercheurs ont trouvé que les contributions les plus ambitieuses n’étaient pas celles qui avaient le moins de chance d’être respectées. En pratique, c’est même plutôt l’inverse qui est vrai.

Par exemple, l’Europe possède à la fois les engagements les plus ambitieux et la probabilité la plus élevée d’atteindre ses objectifs tandis que les États-Unis, en dépit d’objectifs peu audacieux, ont une très faible chance de réussite et se situent à l’avant-dernière place du tableau, juste devant le Brésil. Ces résultats ont été obtenus par consultation de plus de 800 experts impliqués depuis plusieurs décennies dans le processus de négociation international.

gaz à effet de serre
Crédibilité des engagements de réductions des émissions de GES des pays développés définie comme la probabilité que ceux-ci soient respectés (gauche) et ambition des engagements définie comme l’importance de ces derniers vis-à-vis des capacités respectives de chaque pays ou groupe de pays (droite). Crédits : David G. Victor & coll. 2022.

« Les promesses écrites dans les accords sont juridiquement non contraignantes, donc le succès de l’accord repose sur la confiance dans le système, que lorsque les gouvernements font des promesses, ils vont tenir ces promesses », rapporte David G. Victor, auteur principal de l’étude. « Nos résultats indiquent que le cadre de l’accord fonctionne plutôt bien (…). Ce qu’il faut maintenant, ce sont de meilleurs systèmes de vérification pour voir si les pays tiennent effectivement leurs promesses ».

Un suivi nécessaire au bon fonctionnement de l’accord de Paris

Derrière l’Europe, la Chine est le pays qui a le plus de chance de respecter ses engagements, en partie parce qu’ils sont moins ambitieux, mais aussi, et peut-être surtout en raison de ses systèmes politique et administratif plus adaptés à la mise en place de mesures climatiques en phase avec la structure d’un accord international. En termes de crédibilité des engagements, on trouve ensuite l’Australie, l’Afrique du Sud et l’Inde dont le profil est quelque peu similaire à celui de la Chine, les ambitions étant raisonnablement comparables pour ces trois pays.

«  L’avantage de cet ensemble de données est que les experts diplomatiques et scientifiques ont la meilleure connaissance pratique des réalités politiques et administratives de leur pays d’origine », explique le chercheur. « Il est difficile d’obtenir des informations empiriques sur les lois, les réglementations nationales et la politique en matière de changement climatique. Pour vraiment évaluer le succès de l’accord de Paris, il faut intégrer le jugement, l’intuition et l’expertise de ceux qui ont une expérience réelle de la négociation de ces politiques ».