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Les enfants détectent le mensonge bien plus tôt qu’on ne le pensait

Crédits : Pixabay

Saisir le fait que tout le monde ne pense pas comme nous est une aptitude cognitive que l’on estimait développée à partir de l’âge d’environ quatre ans chez les enfants. Une étude récente nous apprend que cela se développe en réalité bien plus tôt, vers deux ans et demi.

C’est dans la revue PNAS que trois psychologues du développement expliquent comment ils sont parvenus à affirmer que l’altérité cognitive intervient en réalité très tôt chez l’enfant, aux alentours de deux ans et demi et non pas à quatre ans comme on le pensait jusque-là. Saisir le fait que tout le monde ne pense pas la même chose qu’eux implique la capacité de détecter le mensonge ou la feinte chez ces enfants en bas âge.

Ces trois psychologues ont soumis 140 enfants américains au test appelé « de la fausse croyance ». Comme l’explique Slate, dans ce test, « on raconte une histoire à l’aide de dessins ou de marionnettes. Première étape : un personnage, Sally, place une bille dans une boîte puis part se promener. Dans la seconde, un autre personnage, Anne, change la bille de place. Dans la troisième, Sally revient et c’est à ce moment que les chercheurs demandent à l’enfant où, selon lui, elle va chercher la bille. »

À l’issue de ce test, les enfants qui sont capables de se mettre dans la peau d’un autre et qui ont une théorie de l’esprit assez développée répondront la première boîte. Ceux qui sont trop jeunes ou qui présentent un trouble du spectre autistique répondront la seconde boîte parce qu’ils ne peuvent pas concevoir que l’on pense différemment qu’eux. Ici, avec des enfants en bas âge, le test a été légèrement simplifié pour pouvoir être compris de tous et savoir si les bébés ne répondent pas au hasard.

« Avoir la capacité de se représenter de fausses croyances signifie pouvoir reconnaître si autrui pense différemment de nous. Cette aptitude permet aux enfants de détecter si on leur ment, si on les trompe ou si on fait semblant », explique Peipei Setoh, de l’université de technologie de Nanyang à Singapour (l’un des trois psychologues). Ainsi, il explique qu’il ne faut pas mentir aux bébés, et si les sujets sont trop compliqués, les simplifier sans dénaturer la vérité est préférable.