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Excellente nouvelle pour les femmes qui souffrent d’endométriose

endométriose
Crédits : Drazen Zigic/iStock

Selon une étude publiée récemment dans la revue Science Translational Medicine, une bactérie que l’on trouve couramment dans la bouche et l’intestin pourrait être à l’origine du déclenchement de l’endométriose. Des expériences menées chez les souris suggèrent également que certains antibiotiques pourraient combattre cette maladie débilitante. 

Qu’est-ce que l’endométriose ?

Normalement, l’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’utérus) épaissit chaque mois en préparation d’une éventuelle grossesse. S’il n’y a pas de grossesse, ce tissu se désintègre et est expulsé du corps pendant les règles. Dans le cas de l’endométriose, ce tissu se trouve en dehors de l’utérus et peut s’implanter sur d’autres organes de la cavité pelvienne. Il réagit alors aux hormones du cycle menstruel de la même manière que l’endomètre normal, se développe, saigne, puis se désintègre chaque mois.

Ce processus peut alors entraîner des inflammations sur les organes voisins. Les symptômes peuvent inclure des douleurs pelviennes intenses pendant les règles et/ou pendant les rapports sexuels, des douleurs abdominales chroniques, des saignements anormaux, des problèmes de fertilité et une fatigue excessive. De ce fait, l’endométriose peut également avoir un impact significatif sur la qualité de vie des personnes qui en souffrent.

Le diagnostic de cette affection chronique, qui touche principalement les femmes en âge de procréer, peut être complexe et nécessite souvent une combinaison d’antécédents médicaux, d’examens physiques, d’imagerie et parfois d’interventions chirurgicales. Quant au traitement, il vise surtout à soulager les symptômes. En revanche, il n’existe aucune approche permettant de soigner véritablement la maladie, d’où l’importance de cette nouvelle étude.

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Crédits : Mohammed Haneefa Nizamudeen/iStock

Une bactérie à l’origine de la maladie ?

La sensibilisation à l’endométriose ayant augmenté au cours de ces dernières années, des équipes de chercheurs se penchent de plus en plus sur le sujet dans le but d’identifier les causes possibles de la maladie. Certaines ont évoqué des facteurs génétiques et immunitaires. Dans le cadre d’une nouvelle étude, des chercheurs japonais ont quant à eux isolé une autre cause possible en étudiant des échantillons d’écouvillons vaginaux prélevés sur 155 femmes, dont 79 souffraient d’endométriose.

D’après l’étude, près des deux tiers des femmes touchées auraient été testées positives pour le Fusobacterium. Il s’agit d’un genre de bactérie qui peut contribuer aux maladies des gencives et à d’autres maladies de la bouche et de l’intestin, ici détectée dans leur muqueuse utérine. En comparaison, seule une femme sur dix qui ne souffrait pas d’endométriose abritait cette bactérie. « Auparavant, personne ne pensait que l’endométriose provenait d’une infection bactérienne, c’est donc une idée très nouvelle« , a déclaré le coauteur Yutaka Kondo , biologiste du cancer à la Nagoya University Graduate School of Medicine au Japon, au Washington Post.

Pour démontrer que Fusobacterium en était bien responsable, les chercheurs ont infecté des souris avec la bactérie. Ils ont ensuite examiné la muqueuse utérine des rongeurs. Résultat : les souris ont bien développé des lésions associées à l’endométriose. Un autre point intéressant est que les chercheurs ont constaté une amélioration de la formation des lésions après l’administration d’antibiotiques.

« L’éradication de cette bactérie par un traitement antibiotique pourrait être une approche pour traiter l’endométriose chez les femmes positives pour l’infection à Fusobacteria. Ces femmes pourraient être facilement identifiées par un prélèvement vaginal ou un prélèvement utérin« , résument ainsi les chercheurs. Évidemment, davantage de recherches seront nécessaires pour confirmer cette approche. Cependant, le département d’obstétrique et de gynécologie de l’hôpital universitaire de Nagoya, à l’origine de ces travaux, mène déjà sur un essai clinique sur des patientes.