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En Thaïlande, le confinement profite aux tortues luths

Crédits : Jo Carletti/Wikipédia

En raison du confinement imposé en Thaïlande, plusieurs nids de tortues luths, une espèce rare, ont été trouvés sur les plages du pays. Du jamais vu depuis 20 ans.

Depuis la mise en place des mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19, la faune semble peu à peu réinvestir le paysage. En France, on se rappelle notamment de ces deux daims, se promenant il y a quelques jours dans les rues de Boissy-Saint-Léger, dans le Val-de-Marne. Début avril, un loup aurait également été photographié sur la commune de Londinières en Seine-Maritime.

Le constat est le même partout ailleurs. Des sangliers ont récemment été aperçus en train de patrouiller dans la ville israélienne de Haïfa, quand d’autres ont été aperçus en balade dans les rues de Barcelone.

Le dernier exemple en date nous est relaté par The Guardian. En Thaïlande, 11 nids de tortues luths – les plus grandes tortues marines du monde – ont en effet été découverts sur les plages des provinces de Phuket et de Phang Nga, libérées des touristes. Du jamais vu en 20 ans, selon Kongkiat Kittiwatanawong, directeur du Centre de biologie marine de Phuket, qui souligne également qu’aucun nid n’avait été identifié au cours des cinq dernières années.

Un événement de ponte exceptionnel, donc, et une excellente nouvelle pour l’espèce. Pour rappel, les tortues luths sont considérées comme étant en voie de disparition en Thaïlande, et inscrites sur la liste des espèces vulnérables à l’échelle mondiale par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Un peu de répit

Ce “sursaut” des tortues luths en Thaïlande peut s’expliquer de plusieurs manières.

Selon l’organisation à but non lucratif, qui se concentre sur la conservation des tortues marines et des océans, l’absence de baigneurs et de bateaux de pêche permet aux tortues adultes de s’accoupler plus près du rivage, d’une part. Les femelles, qui préfèrent pondre leurs oeufs dans des zones sombres et calmes, sont également plus enclines à venir s’aventurer sur les plages désertées. Et enfin, de nombreux nids, qui autrement auraient été détruits (sans le vouloir) par les humains, sont aujourd’hui épargnés.

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En Thaïlande, les tortues luths respirent enfin. Crédits : Rabon David, U.S. Fish and Wildlife Service/Wikipédia

Notons également que ces tortues ne sont pas les seules à profiter de l’absence des humains dans le pays. Les médias locaux assurent en effet que de nombreux dugongs (un animal ressemblant au lamantin), des dauphins roses ou des requins-baleines ont également été observés ces dernières semaines au large des côtes thaïlandaises.

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