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En plus des abeilles, les frelons asiatiques attaquent de nombreux autres insectes

Crédits : Nicolas Y. D. TIREL / Wikipedia

Il y a quelque temps, une étude française avait démontré que les frelons asiatiques étaient de véritables opportunistes. Ils se nourrissent en effet d’abeilles domestiques, mais pas seulement. Le fait est que ceux-ci peuvent s’attaquer à pas moins de 150 espèces d’insectes différentes, dont les mouches et les guêpes sociales.

Les frelons attaquent des abeilles, mais pas seulement

Depuis quelques années, nous savons que les frelons asiatiques (Vespa velutina) ont fait des abeilles domestiques leur mets préféré. Cet insecte redoutable est d’ailleurs vraisemblablement une des causes du déclin des abeilles avec les attaques du terrible parasite Varroa destructor ainsi que l’utilisation intensive de pesticides dans l’agriculture. En 2018, un documentaire de la chaîne National Geographic WILD montrait comment une trentaine de frelons asiatiques étaient capables de massacrer une ruche de 30 000 abeilles en seulement quelques heures.

Comme l’expliquait un communiqué de l’iEES Paris le 18 février 2021, une étude parue dans les Annales de la Société entomologique de France (SEF) a confirmé que les frelons asiatiques appréciaient grandement nos malheureuses abeilles domestiques. En revanche, ces travaux ont également montré que ces insectes chassaient en réalité les espèces les plus abondantes dans leur environnement proche. Autrement dit, les frelons asiatiques s’attaquent aussi à d’autres insectes !

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Crédits : Département de l’agriculture de l’État de Washington

Un vorace opportuniste

Dans le cadre de l’étude, un groupe réunissant plusieurs institutions françaises de renom a suivi seize colonies à travers le monde. À l’aide de filets, les chercheurs ont intercepté environ 12 000 frelons, ce qui a permis l’analyse de 2 151 proies. Or, à l’aide des données morphologiques et génétiques des proies en question, les chercheurs de l’étude ont réussi à déterminer la diversification alimentaire des frelons. Si les abeilles domestiques représentent la plus grosse part de ce régime (38,1 %), les chercheurs ont été surpris d’y trouver des mouches (29,9 %) ainsi que des guêpes sociales (19,7 %). Les 13 % restants concernent pas moins de 159 espèces d’insectes différentes en faible proportion ! Ainsi, le frelon asiatique est un prédateur généraliste et opportuniste prêt à attraper tout ce qui vole et qui est plus petit que lui.

L’étude a mis en exergue un autre élément. Si les frelons asiatiques vivant en ville sont plus redoutables pour les abeilles, les frelons des forêts et alentours s’attaquent plutôt aux guêpes. De plus, ces recherches ont pointé un dernier détail : l’extrême voracité du frelon. En effet, chaque colonie peut consommer plus de 11 kg d’insectes en une seule saison.

Enfin, l’iEES Paris a soulevé un point important qui pourrait faire réfléchir. Du fait de sa propension à attaquer les proies localement abondantes, le frelon asiatique aurait un impact limité sur la plupart des espèces sauvages. Ainsi, il se pourrait bien que les pièges que les humains installent aient un impact beaucoup plus important sur l’entomofaune que le frelon asiatique lui-même. Il s’avère que ces pièges sont généralement peu sélectifs, capturant une grande quantité et diversité d’insectes.