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En Méditerranée, les températures étaient plus hautes de 2°C durant la période romaine

Une étude italienne récente suggère qu’au temps de l’Empire romain, les eaux de la mer Méditerranée étaient plus chaudes de 2°C qu’aujourd’hui. La période romaine serait la plus chaude des deux derniers millénaires.

L’importance des archives fossiles

La mer Méditerranée est une mer semi-fermée. Cela en fait une région très vulnérable aux changements climatiques présents et passés. Comme l’explique une publication de l’Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels (CATNAT) du 5 août 2020, l’étude de la mer Méditerranée présente un grand intérêt en période de changement climatique.

Par le passé, plusieurs études localisées ont mis en exergue la variabilité climatique à court terme de la mer Méditerranée. En revanche, aucune n’avait permis de reconstruire l’évolution de la température de la région d’une manière générale. Or, une étude publiée dans la revue Scientific Reports le 28 juin 2020 tend à apporter davantage de précisions.

Rappelons que la Méditerranée est riche en études archéologiques et autres documents historiques. Des données paléoclimatiques pertinentes permettent également d’étudier l’influence potentielle du climat sur les civilisations. Or, les archives fossiles représentent le seul outil valable afin de reconstituer les changements environnementaux. Toutefois, la lecture des “enregistrements marins” reste très difficile. Et pourtant, ceux-ci sont essentiels afin d’identifier les interactions antérieures entre les changements climatiques, l’évolution des sociétés humaines ainsi que leurs stratégies adaptatives.

colisée Rome
Des températures 2°C plus hautes qu’aujourd’hui auraient été à l’origine du déclin de l’Empire romain – Crédits : Wissem Miri / Wikipedia

Une température plus haute de 2°C

L’étude de l’Institut de recherche pour la protection hydrogéologique (IRPI) à Pérouse (Italie) propose de nouveaux enregistrements obtenus dans la partie centrale de la mer Méditerranée. Ceux-ci se basent sur des ratios Mg/Ca (paléothermomètre) obtenus dans les foraminifères planctoniques Globigerinoides ruber. Le fait est que ces enregistrements couvrent les cinq derniers millénaires. Or, ces derniers ont été comparés à d’autres enregistrements antérieurs effectués en mer Égée (Grèce-Turquie), dans le bassin de Minorque (Espagne) ainsi qu’en mer d’Alboran (Espagne-Maroc).

Les résultats ont permis de suggérer la persistance d’une phase chaude distincte durant la période de l’Empire romain sur ses 500 dernières années. Or, cette période serait la plus chaude des deux derniers millénaires en ce qui concerne la Méditerranée occidentale. L’étude met en avant un refroidissement débutant après la période romaine, avec quelques oscillations mineures. Enfin, les auteurs ont avancé l’hypothèse que le réchauffement a pu être à l’origine du déclin de l’Empire romain.