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En Inde, la chaleur pourrait tuer 1,5 million de personnes chaque année

Crédits : Pixabay

Les chaleurs extrêmes pourraient faire autant de victimes que les maladies infectieuses chaque année en Inde d’ici 2100, si rien n’est faire pour endiguer la crise climatique.

Lundi, un épais brouillard continuait de recouvrir New Delhi. Il s’agit de l’un des plus violents épisodes de pollution atmosphérique essuyé par la mégapole indienne. Il est le fuit d’une conjonction de facteurs naturels (froid, vents faibles) et d’émission humaines de carbone (brûlis agricoles, émissions industrielles et automobiles, etc.). Ces “smogs” font chaque année de nombreuses victimes, mais ils ne sont pas les seules conséquences de ces émissions de gaz à effet de serre.

Hausse mortelle des températures

Une nouvelle étude jette en effet un nouveau regard sombre sur l’avenir de ce grand pays. Ce nouveau rapport signé du Climate Impact Lab part du principe que les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère culmineront vers 2040 et atteindront 540 parties par million (ppm) d’ici la fin du siècle.

Dans ce scénario, les chercheurs estiment que 16 des 36 États et territoires du pays deviendront plus chauds que le Pendjab. C’est actuellement l’État le plus chaud, avec une température moyenne estivale d’environ 32 degrés Celsius.

Outre cette augmentation des températures, le nombre d’épisodes caniculaires devrait également augmenter. L’État d’Odisha connaîtra la plus forte augmentation, avec une moyenne de 48 jours « très chauds » d’ici 2100, contre 1,62 en 2010. Delhi devrait connaître 22 fois plus de jours de chaleur extrême et Haryana 20 fois plus de jours.

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Crédits : Pixabay

Plus d’un million de morts chaque année

Au regard de ces projections, les chercheurs estiment qu’environ 1,5 million de personnes supplémentaires pourraient mourir chaque année en Inde d’ici 2100, à cause de la hausse des températures et de la récurrence des épisodes de chaleur extrême. C’est un taux de mortalité aussi élevé que celui des maladies infectieuses en Inde aujourd’hui.

Plus précisément, on apprend que six États – l’Uttar Pradesh, le Bihar, le Rajasthan, l’Andhra Pradesh, le Madhya Pradesh et le Maharashtra – devraient contribuer à plus de la moitié de ce taux de mortalité dû à la hausse des températures.

« Après avoir déjà enregistré 2 500 décès dus à une vague de chaleur en 2015, l’avenir devrait être encore plus préoccupant si l’Inde – et le monde – ne change pas de cap pour atténuer les effets néfastes du changement climatique », a déclaré Amir Jina, principal auteur de l’étude.

Il y a tout de même une lueur d’espoir. Les auteurs du rapport soulignent en effet que si les autorités mondiales respectent leurs engagements signés dans le cadre des accords de Paris, le taux de mortalité de l’Inde dû à une chaleur élevée pourrait chuter de plus de 80 %.

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