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En France, des députés tentent de freiner le projet Starlink !

Crédits : Starlink

La France Insoumise, parti politique de Jean-Luc Mélenchon, ne porte pas le projet Starlink de SpaceX dans son cœur. L’actualité législative a donné l’occasion aux députés de réclamer un moratoire contre l’implantation de ce projet dans l’hexagone. En cas d’acceptation, les Français seront appelés à se prononcer sur le lancement de ce projet.

Une consultation nationale en cas de moratoire

Rappelons tout d’abord l’objectif du projet Starlink. Il s’agit d’envoyer des milliers de satellites à basse altitude afin de généraliser l’Internet à haut débit dans le monde d’ici à 2025. Entre autres, il s’agit de couvrir l’intégralité des zones blanches de notre planète. En février 2021, nous évoquions le fait que SpaceX avait désigné la commune de Saint-Senier-de-Beuvron (Manche) pour accueillir cinq antennes-relais du projet. Seulement voilà, le maire et les habitants ne sont pas d’accord avec ces installations, surtout en l’absence d’études de terrain.

Si SpaceX a bien obtenu le droit d’utiliser des fréquences sur le territoire national, la contestation est désormais de mise. Dernière preuve en est la récente action des les 17 membres de La France Insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale. Le 3 mars 2021, ceux-ci ont déposé un amendement afin d’imposer un moratoire au projet Starlink en France. Les députés ont vraisemblablement profité de l’actualité législative, notamment l’examen du projet de loi portant sur la lutte contre le dérèglement climatique ainsi que sur le renforcement de la résilience face à ses effets.

En cas d’acceptation, le moratoire devrait concerner une durée d’au moins un an. Durant cette période, il s’agira notamment d’organiser une consultation nationale. L’objectif ? Évaluer le ressenti de la population face au projet d’offre Internet haut débit de SpaceX. Ainsi, son lancement dépendra de ce que les Français en penseront. En principe, la société d’Elon Musk devra abandonner ses ambitions sur le territoire en cas de rejet.

Starlink satellites
Crédits : capture Vimeo/Marco Langbroek

Des arguments à faire valoir

En ce qui concerne leur demande de moratoire, les députés LFI ont avancé plusieurs arguments. Par exemple, le fait qu’il est question de mettre en place en orbite terrestre basse d’une constellation d’au moins 12 000 satellites. Rappelons au passage que SpaceX pense également à une possible extension pour atteindre ultérieurement le nombre de 42 000. Aujourd’hui, 1 141 satellites ont déjà fait l’objet d’un déploiement dans le cadre de ce projet. En ce qui concerne Saint-Senier-de-Beuvron, les craintes portent sur plusieurs points. Le maire Benoît Hamard avait évoqué des zones d’ombre concernant la santé humaine et l’environnement.

L’élu a rappelé que la commune abritait des terres d’élevage et de culture de qualité, en plus d’être classée site Natura 2000. Il faut savoir que l’installation des dômes électriques nécessitera de gigantesques travaux en sous-sol. Or, Saint-Senier-de-Beuvron se trouve en zone humide, en raison de sa proximité avec la rivière Beuvron dont le bassin couvre une surface de 2 193 km². François Dufour, conseiller Régional écologiste et natif de la commune, avait pour sa part évoqué l’aspect santé. Ce dernier a rappelé que les dômes allaient capter à 550 km d’altitude et propulser à 800 km de chaque côté, l’alimentation de la fibre optique (ou 5G).