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En Amazonie, la déforestation a plus que doublé en un an

Crédits : INPE

La déforestation se poursuit en Amazonie brésilienne. En novembre, elle a même bondi de 104% par rapport au même mois en 2018, selon des données officielles publiées samedi.

L’effet Bolsonaro, actuel président Brésilien, se fait durement ressentir depuis son investiture il y a un an. Outre la mise en place de moyens de lutte contre la corruption et la criminalité, le dirigeant avait promis de relancer le pays sur le plan économique. Pour ce faire, il a autorisé le déboisement de la forêt amazonienne au profit des agriculteurs. Ainsi, de plus en plus de compagnies n’hésitent pas à incendier délibérément les terres dans le but de pouvoir semer ou élever du bétail.

+104% en un an

Et ça se voit dans les chiffres. Selon un nouveau rapport de l’Institut national du Brésil pour la recherche spatiale (INPE), qui fournit des données officielles sur la déforestation, 563 kilomètres carrés de terres auraient été déboisées en novembre dernier. C’est environ 104% de déforestation en plus par rapport au même mois en 2018.

On rappelle que c’est actuellement la saison des pluies en Amazonie. Durant cette période, les activités de déboisements ralentissent généralement. Le fait d’enregistrer une telle hausse est donc très significatif.

De manière plus globale, il y a eu 8 974,3 kilomètres carrés de terres déboisées durant les 11 premiers mois de l’année. Cela représente près du double des 4878,7 kilomètres carrés déclarés pour les 11 premiers mois de l’année dernière. Les zones indigènes ont été les plus touchées, avec une augmentation de la déforestation de 74,5% par rapport à la période précédente.

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Crédits : Victor Moriyama / Greenpeace

L’échec de la COP 25

Ces chiffres interviennent alors que vient de s’achever la COP25 à Madrid. Mais là encore, les nouvelles ne sont pas réjouissantes. Cette conférence, qui se voulait la “rampe de lancement” d’une accélération des actions en faveur du climat, n’a pas été à la hauteur, échouant à trouver un accord sur les règles des marchés carbone internationaux, dernier volet de l’Accord de Paris de 2015.

Pour l’ensemble des organisations non gouvernementales, ces deux dernières semaines de discussions ont mis en pleine lumière le manque d’ambition des principaux acteurs de la planète, davantage tournés vers la protection de leurs intérêts industriels. Aucun des grands pays émetteurs n’a fait d’annonce significative.

« La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande, a déploré le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, ajoutant : Nous ne devons pas abandonner ».

« Jamais je n’avais vu une telle déconnexion entre ce que la science exige et ce que les négociations climatiques apportent », a de son côté souligné Alden Meyer, de l’Union of Concerned Scientists.

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