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Crédits : VTT

Et si on emprisonnait le CO₂ directement dans des structures de béton ?

L’industrie de la construction représente une part non négligeable des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle globale. Cependant, une société finlandaise pense avoir trouvé une solution. Les scientifiques envisagent en effet d’emprisonner le CO₂ directement dans les structures bétonnées afin de l’empêcher de polluer l’atmosphère.

Une technique de minéralisation du CO₂

Les solutions ayant pour objectif de piéger le dioxyde de carbone (CO₂) peuvent prendre différentes formes. Or, le secteur de la construction est particulièrement actif dans ce domaine. En fin 2022 par exemple, un étudiant israélien avait présenté un nouveau matériau potentiellement capable de s’imposer comme une alternative au béton traditionnel. Basés sur le mycélium, la partie végétative des champignons, ses blocs de constructions seraient aussi solides que le béton tout en se montrant capables d’absorber le CO₂.

Comme l’expliquait le média DesignBoom dans un article du 11 avril 2023, la société finlandaise Carbonaide, issue du centre de recherche VTT Technical, a quant à elle communiqué sur une innovation qui pourrait bientôt retenir toute l’attention du secteur de la construction. Il n’est pas question d’un substitut de béton, mais plutôt d’une technique de minéralisation du CO₂ afin de le piéger dans le béton.

Ce serait une avancée importante dans la mesure où l’industrie de la construction, notamment en raison de la production de béton, représente entre 6 et 8 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales. Rappelons tout de même qu’une seule tonne de ciment Portland peut en effet générer entre 800 et 900 kg de CO₂.

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Crédits : VTT

Des objectifs très ambitieux

Carbonaide dit avoir mis au point un procédé dont le but est de lier le dioxyde de carbone dans un béton préfabriqué à l’aide d’un système automatisé à pression atmosphérique. En minéralisant ainsi le CO₂, il serait alors possible de réduire les émissions de près de moitié (45 %). Évoquons également la possibilité que Carbonaide parvienne à y introduire des cendres biologiques ou des résidus de liqueur verte afin de remplacer le ciment. Si tel est le cas, l’empreinte carbone du béton pourrait même devenir négative. De plus, la société a également évoqué une plus grande solidité à la structure.

Ambitieuse, la société Carbonaide désire aujourd’hui appliquer sa méthode sur l’ensemble de la production de béton. Si cela se produit dans un avenir proche, cela permettrait ainsi une économie de 1,4 gigatonne de CO₂ par an. Rappelons au passage que l’Europe avait produit à elle seule 2,54 gigatonnes de CO₂ en 2020. À terme, c’est-à-dire chaque année dès 2050, pas moins de 500 mégatonnes de CO₂ pourraient être ainsi transformées en roche solide.

Yohan Demeure

Rédigé par Yohan Demeure

Licencié en géographie, j’aime intégrer dans mes recherches une dimension humaine. Passionné par l’Asie, les voyages, le cinéma et la musique, j’espère attirer votre attention sur des sujets intéressants.