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Des empreintes humaines vieilles de 120 000 ans découvertes

Crédits : Stewart et al., 2020

Il y a environ 120 000 ans, dans ce qui est maintenant le nord de l’Arabie Saoudite, plusieurs de nos ancêtres se sont arrêtés sur les rives d’un lac peu profond, probablement pour boire et se nourrir, avant de reprendre leur voyage. En témoignent leurs empreintes imprimées dans le sol.

Nous savons que certains de nos ancêtres, en quittant l’Afrique, ont traversé la péninsule arabique pour finalement rejoindre l’Eurasie. Les témoignages de leur présence – quelques outils en pierre et un seul os de doigt vieux de 88 000 ans – sont malgré tout limités. Récemment, l’anthropologue Michael Petraglia et son équipe, de l’Institut Max Planck pour la science de l’histoire humaine (Allemagne), ont identifié d’autres preuves de leur passage : des empreintes. Ils détaillent leurs travaux dans la revue Science Advances.

Au moins sept empreintes signées Homo Sapiens

Il y en a plus de 400. Toutes ont été découvertes en 2017 suite à l’érosion des sédiments sus-jacents d’un ancien lac surnommé “Alathar” (signifiant “la trace” en arabe), retrouvé dans le désert de Nefud. L’immense majorité de ces empreintes ont été laissées par de gros animaux. Parmi eux figuraient des ânes sauvages, des buffles géants ou encore des éléphants à défense droite.

Grâce à une technique de luminescence stimulée optique, qui permet de déduire quand les couches de sédiments ont été exposées pour la dernière fois à la lumière, l’équipe estime que ces traces ont été faites il y a entre 121 000 et 112 000 ans.

D’après les chercheurs, seulement sept d’entre elles ont été imprimées par deux ou trois membres de notre espèce : Homo Sapiens. La taille et la forme de ces pistes semblent en effet le confirmer. De plus, nous savons que nos cousins Néandertaliens n’étaient pas présents dans la région à cette époque.

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La première empreinte humaine découverte à Alathar et son modèle numérique d’élévation (DEM) correspondant. Crédits : Stewart et al., 2020

Ces empreintes humaines isolées dans le désert de Nefud sont les plus anciennes preuves de la présence humaine dans cette région du monde. Elles jettent également un nouvel éclairage sur les routes empruntées par nos anciens ancêtres alors qu’ils se dispersaient hors d’Afrique.

Nous savions en effet auparavant que les premiers humains s’étaient principalement propagés en Eurasie via les routes côtières du sud de la Grèce et du Levant. Néanmoins, cette nouvelle découverte suggère que «les routes intérieures ont peut-être été aussi particulièrement importantes», conclut Mathew Stewart, co-auteur de l’étude.

Notez enfin que si aujourd’hui la péninsule arabique est caractérisée par de vastes déserts arides, à l’époque, le paysage était beaucoup plus hospitalier, s’apparentant davantage aux prairies semi-arides de la savane africaine moderne.