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Émirats arabes unis : des drones munis de charges électriques vont déclencher la pluie !

Crédits : University of Bath.

Faisant suite à la publication de récents résultats dans le Journal of Atmospheric and Oceanic Technology, une méthode novatrice visant à déclencher la pluie va être testée aux Émirats arabes unis. C’est l’une des premières fois où des drones équipés de charges électriques seront utilisés pour provoquer les précipitations.

La disponibilité et l’accès à l’eau constituent un enjeu majeur dans les pays arides de la zone intertropicale. En particulier, dans un contexte de réchauffement global de la planète. Parmi les différents moyens pensés pour gérer au mieux le problème, on retrouve des techniques de géo-ingénierie visant à faire pleuvoir les nuages. En effet, d’aucuns avancent que l’eau est là, tout près, dans les cumulus et autres nuages bas qui surplombent les terres arides et qu’il suffit simplement de savoir aller la chercher.

Libérer des charges électriques pour faire pleuvoir

La façon la plus simple de tirer parti de cette eau est de la faire précipiter vers la surface. À cet égard, une nouvelle méthode sera testée dans les prochains mois aux Émirats arabes unis (EAU). Elle vise à émettre une décharge électrique dans les nuages bas au moyen d’un drone piloté à distance. Le but étant de favoriser la coalescence des gouttelettes d’eau, lesquelles deviendraient alors assez lourdes pour tomber au sol. En modifiant les charges du nuage, les scientifiques espèrent ainsi diminuer les répulsions électrostatiques entre gouttelettes en vue d’accélérer leur croissance.

charges électriques
Représentation schématique du chargement artificiel des gouttelettes par drone. Les étapes successives de croissance sont présentées de gauche à droite. En outre, des processus plus complexes d’évaporation ou d’explosion liée à un excès de charges sont signalés. Crédits : R. Giles Harrison & al. 2021.

« Nous avons effectué des tests au Royaume-Uni et démontré que nous pouvons libérer la charge du drone et la détecter au sol », note Keri Nicoll, coauteure de l’étude et chercheuse à l’Université de Bath. « La prochaine étape consiste à répéter ces tests aux EAU, où l’environnement électrique ambiant est très différent de celui du Royaume-Uni, en raison des niveaux élevés de poussière et d’aérosols ».

Une méthode “complémentaire”

Cette technique diffère drastiquement de celles, plus habituelles, qui demandent d’ensemencer les nuages avec des particules de sel ou d’iodure d’argent. Une évolution qui témoigne d’une recherche active sur la question de l’augmentation des pluies dans ces pays où la ressource en eau est un enjeu capital. Les EAU sont particulièrement impliqués via le programme de recherche UAEREP. Une initiative à portée internationale, qui combine les travaux de plusieurs institutions à travers le monde.

Prototype de drone servant à libérer les charges électriques, ici testé au Royaume-Uni. Aussi, l’engin est piloté à distance par contrôle humain. Crédits : University of Bath.

« Dans les régions du monde qui luttent vraiment pour l’eau, les projets visant à augmenter les précipitations sont vraiment importants. Il y a 50 pays qui ont mis en place des programmes d’augmentation des précipitations », rapporte Keri Nicoll. Néanmoins, la coauteure indique qu’« ils pratiquent déjà l’ensemencement des nuages aux Émirats arabes unis » et qu’« il est probable que le chargement de gouttelettes ne remplacera pas à lui seul les techniques d’ensemencement établies. Mais cela pourrait être utilisé avec les techniques déjà existantes afin de maximiser l’efficacité de l’ensemencement des nuages ». Affaire à suivre !

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