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Les Émirats arabes unis veulent atterrir sur un astéroïde

Crédits : ESA/ATG medialab

Les Émirats arabes unis préparent une nouvelle mission ambitieuse visant à visiter plusieurs objets d’une ceinture d’astéroïdes au début des années 2030. Ils prévoient de se poser en douceur sur l’une de ces roches dès 2033. À ce jour, seuls deux pays ont réussi cet exploit.

Les Émirats arabes unis (EAU) se targuent depuis plusieurs années d’être techniquement progressistes. En ce sens, de nombreux progrès ont été réalisés dans le domaine spatial. En septembre 2019, un premier cosmonaute émirati, Hazzaa Ali Almansoori, s’est en effet envolé à bord d’une fusée Soyouz, direction la Station Spatiale internationale. Les EAU se sont également illustrés avec leur mission Mars Hope, toujours en orbite autour de la planète rouge, dont l’objectif sera de se concentrer sur l’étude de l’atmosphère martienne. Enfin, le régime émirati a également partagé son intention de viser la Lune, prévoyant l’envoi d’un premier rover sur place dès 2024.

Les EAU proposent aujourd’hui une autre mission : celle d’envoyer une sonde visiter la ceinture d’astéroïdes, entre les orbites de Mars et Jupiter. Prévu en 2028, il s’agira du second effort interplanétaire du pays.

Une mission très ambitieuse

Le plan prévoit des survols de Vénus et de la Terre respectivement à la mi-2028 et à la mi-2029. Le but sera de profiter de leur assistance gravitationnelle pour arriver en 2030. Sur place, la sonde analysera de près sept astéroïdes différents au cours de sa mission, avant de se poser sur une huitième roche en 2033. À ce jour, seules quatre missions (Near-Earth Asteroid Rendezvous (NEAR) Shoemaker et OSIRIS-REx de la NASA, et les sondes japonaises Hayabusa1 et Hayabusa2) ont réussi un tel exploit.

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Illustration d’OSIRIS-REx au départ de l’astéroïde Bennu. Crédits : NASA / Goddard / Université de l’Arizona

Avec une telle mission dans les papiers, les Émirats arabes unis se placent donc aujourd’hui plus que jamais dans la cour des grands. “Notre objectif est clair : accélérer le développement de l’innovation et des entreprises fondées sur la connaissance dans les Émirats“, a déclaré Sarah Al Amiri, présidente de l’Agence spatiale émiratie. “Cela nécessite des sauts d’imagination, de foi et la poursuite d’objectifs qui vont au-delà de la prudence ou de la méthode“.

Comme pour la mission martienne Hope, les Émirats arabes unis s’associeront avec le Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale de l’Université du Colorado à Boulder.

Rappelons que tous ces projets ont également vocation d’inspirer les cent millions de jeunes du monde arabe, “leur dévoilant un avenir au-delà du pétrole, qui ne pourra pas porter l’économie du pays pour toujours“, avait déclaré il y a quelques mois Omran Sharaf, le responsable de mission martienne Hope. “L’échec [sur Mars] est une option“, avait-il ajouté. “Mais l’échec du progrès ne l’est pas“.