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Pour éloigner les tiques, certains oiseaux ont une technique plutôt inattendue

Crédits : iStock

Des oiseaux mexicains vivant en ville mettraient des mégots dans leurs nids pour se protéger des parasites. La technique reposerait notamment sur la présence de nicotine dans les filtres usagés, mais cela n’est pas sans risque pour les oisillons.

Les mégots de cigarette sont parmi les formes de litière les plus courantes et les chercheurs estiment que les deux tiers environ des cigarettes fumées dans le monde se retrouvent à joncher le sol. La plupart des animaux adaptés à la vie urbaine font généralement bon usage de ce que les humains répandent ou laissent traîner. Les roselins (ou Carpodacus mexicanus) de la ville de Mexico par exemple ne dérogent pas à la règle : pour maintenir les parasites à distance et surtout les tiques qui impactent la santé de leurs hôtes en leur prélevant du sang ou en leur transmettant des endoparasites, ceux-ci remplissent leur nid de mégots de cigarettes retrouvés dans la rue. Problème, les toxines libérées ont un effet secondaire inattendu sur les poussins.

La nicotine dans le tabac qui stimule bon nombre de fumeurs a un effet beaucoup plus important sur les petits animaux comme les insectes et autres arthropodes, ce qui en fait un répulsif idéal contre les arthropodes. Dans un article publié en 2012 dans la revue Biology Letters, des ornithologues mexicains avaient constaté que les Moineaux domestiques (Passer domesticus) et les Roselins familiers (Carpodacus mexicanus) du campus de l’université nationale autonome du Mexique (UNAM) garnissaient fréquemment leur nid avec des mégots en nombre variable : jusqu’à 48 dans un seul nid de roselins et 38 dans un nid de moineaux. Malheureusement, une étude publiée en 2014 révélait que plus les quantités de nicotine dans leurs nids étaient importantes, plus le nombre d’anomalies chromosomiques dans les poussins était élevé.

« Les mégots causent des dommages [génétiques] aux oiseaux en interférant avec la division cellulaire que nous avons évaluée en analysantleurs globules rouges », expliquent les chercheurs, qui devront mener une étude à long terme pour évaluer l’influence de la nicotine sur les populations d’oiseaux. « Il pourrait s’agir d’un compromis », expliquent-ils. « Le danger représenté par les tiques est supérieur à celui de la nicotine sur l’organisme. Les effets génotoxiques prennent en général plus de temps à se manifester ».

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