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Ejecté de la Voie lactée, un gigantesque nuage de gaz nous revient comme un boomerang

Crédits : Pixabay

Éjecté de la Voie lactée il y a soixante-dix millions d’années, un gigantesque nuage de gaz nous revient tel un boomerang à plus d’un million de kilomètres/heure. Heureusement, cette collision ne se produira pas avant environ 30 millions d’années

Le nuage Smith est un immense nuage d’hydrogène qui fut jadis éjecté de la Voie lactée et de son disque galactique. C’était il y a environ 70 millions d’années. Détecté dans les années 1960 par une étudiante en astronomie, Gail Biger Smith, qui lui donnera son nom, notre nuage de gaz aujourd’hui situé à environ 40 000 années-lumière de la Terre devrait selon les dernières données transmises par le télescope Hubble, nous revenir comme un boomerang dans trente millions d’années.

La Voie Lactée fait du recyclage

Oui, car quand ce jour arrivera, le nuage Smith éclatera de manière spectaculaire en une multitude d’étoiles, apportant peut-être assez de gaz pour constituer deux millions de soleils, avance la Nasa. Ce nuage est en effet un exemple de la façon dont les galaxies évoluent avec le temps : « Notre galaxie recycle son gaz via les nuages – le nuage Smith en est un exemple – et formera des étoiles en de nouveaux endroits », explique notamment Andrew Fox, le responsable du Space Telescope Science Institute à Baltimore.

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Crédits : NASA / ESA

Pour arriver à ces conclusions, les astronomes ont analysé la composition chimique du nuage grâce au Cosmic Origins Spectrograph de Hubble. Ils ont en effet pu observer la lumière ultraviolette émise par les noyaux lumineux de trois galaxies actives qui résident à quelques milliards d’années-lumière au-delà de la nuée, et la manière dont cette lumière était filtrée à travers le nuage. Ils assurent aujourd’hui que le nuage est extrêmement riche en soufre (qui absorbe la lumière ultraviolette), autant qu’une région qui se trouve à 40.000 années-lumière du centre de notre galaxie, ce qui signifie que le nuage s’est enrichi de la matière de « nos » étoiles. Or, cela ne serait pas possible s’il venait d’une autre galaxie ou s’il était le vestige d’une galaxie disparue. Long de 11 000 années-lumière et large de 2500 années-lumière, Smith aurait alors adopté une trajectoire en forme d’arc à partir des régions les plus éloignées de la Voie lactée avant de faire demi-tour.

Bien que le mystère de son origine soit résolu, des questions demeurent néanmoins : Pourquoi ce nuage a-t-il était éjecté ? Quel événement calamiteux aurait pu le catapulter en dehors de notre disque galactique, et comment est-il resté intact ? Toutes ces réponses seront apportées par d’autres recherches.

Source : Hubblesite.org